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Sushiland Sushi-sama


Nombre de messages: 122 Localisation: ici Date d'inscription: 02/10/2005
 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mar 20 Déc à 18:56 | |
| Durant ce long examen plutôt grossier, Ichida demeura stoïque. Le seigneur revint face à lui et afficha un petit sourire satisfait. « Je pense que mon premier ministre vous a fait part de ma demande, n’est-ce pas ? » Ichida le regard froid hocha lentement la tête. « Vous savez également que j’attends de vous une réponse. » Nouveau hochement de tête pour le jeune guerrier. « Avez-vous pris votre décision ? » -« Oui ! » Natsuki sembla ravi. -« Je me fais une joie de l’entendre. » Ichida affronta son regard sans ciller. « Qu’elle est donc votre réponse ?» -« J’accepte ! » Prononça -t-il simplement d’une voix claire. Sa réponse fut accueillie par un profond silence et puis… -« Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Excellent ! Vous m’en voyez enchanté ! » Le seigneur riait à gorge déployée. Ichida demeura quant à lui impassible. « C’est une nouvelle qui me réjouit ! » Il sembla se calmer un peu, puis se tourna vers son premier ministre. « Shishio-san ? » Ce dernier s’avança d’un pas. -« Oui ! » -« Prenez des dispositions afin que notre nouvelle recrue puisse prendre ses quartiers avec nos hommes. Rendez lui également son sabre. » Shishio s’inclina. -« Ce sera fait ! » Le sourire du seigneur s’accentua. -« Parfait ! Vous pouvez tous disposer ! » Shishio, Ryo et les deux autres samouraïs s’inclinèrent et emmenèrent avec eux le nouveau porteur de sabre des dragons noirs. Ils traversèrent le long corridor et tombèrent nez à nez avec un jeune homme. Un jeune homme revêtu d’un kimono pourpre et or. Vue la qualité de l’étoffe, il devait être un homme important et riche. Shishio s’inclina respectueusement en le voyant, Ryo et ses compagnons l’imitèrent. -« Bien le bonjour ! Haru-san ! » Haru ne devait pas être plus vieux qu’Ichida, il posa sur eux un regard supérieur. -« Bonjour Shishio-san ! » salua t-il d’un ton forcé. « Vous êtes venus rendre visite à mon père à ce que je vois. » Il était donc le fils du seigneur Natsuki. C’est alors que Haru remarqua la présence du jeune samouraï. « Qui est donc cet homme ? Je ne l’ai jamais vu avant ! » -« C’est une nouvelle recrue pour notre milice. » Précisa Shishio. -« Tiens donc ! » Il s’avança et se planta devant Ichida. -« Et quel est ton nom nouvelle recrue? » Pendant un long moment ils se jaugèrent mutuellement. -« Ichida Mamoru ! » -« Ha oui ! » Haru fit un petit sourire. « J’ai entendu parler de toi. Alors comme ça tu as rejoint notre armée. Plutôt amusant ! » Il afficha un regard moqueur. « Nous aurons l’occasion de se croiser alors ! En tout cas, j’étais… » Il se tourna vers Shishio et les autres samouraïs. « Ravi de vous voir ! » Shishio et ses hommes s’inclinèrent tandis qu’Haru tourna les talons et s’éloigna. Ichida suivit sa silhouette du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse dans une autre pièce. -« Ryo-san ! » S’exclama Shishio. -« Oui ! » -« Je vous charge de mener Ichida-san à ses appartements. » Ordonna- t-il. -« Hein ? » Ichida tourna son regard vers lui. « Moi ? » Ryo ne semblait pas du tout emballé. -« Je vous charge de cette mission. Vous serez responsable de lui. » Le visage de Ryo blêmit, mais il ne pouvait désobéir à un ordre de son supérieur. -« Je… Bien ! » Shishio se tourna vers Ichida. -« Tenez-vous prêt, je pense que votre première mission parmi les dragons noirs ne saurait tarder. » Il sourit et tourna les talons, il fit signe aux deux autres guerriers de le suivre et s’éloigna. -« Tsssssssss !!! Me voilà responsable d’un morveux ! » S’exclama Ryo en jetant un regard de travers au jeune samouraï. Il attendit une réaction de la part du jeune homme, mais Ichida demeura silencieux. « Bon ! Suis-moi l’môme ! » Ils sortirent ensemble du pavillon, traversèrent le jardin et se retrouvèrent dans le village. C’était la première fois depuis deux jours qu’Ichida pouvait marcher sans être encerclé par des gardes. Son passage en homme « libre » suscitait de l’intérêt et de la curiosité. Des samouraïs, des hommes, des femmes tournèrent la tête l’observant. Ryo marchait devant, il fulminait intérieurement. Jugeant qu’il avait la poisse pour se retrouver avec un tel fardeau sur les bras. Ils approchèrent du quartier résidentiel de la milice, c’était un large pavillon à un étage. En haut se trouvaient les chambres des samouraïs et en bas tout ce qui était lieu commun, comme une grande salle à manger. Il y avait même un petit pavillon annexe, le dojo, la salle d’entraînement pour ses guerriers. Ils croisèrent plusieurs samouraïs, Ryo les salua d’un signe de tête, mais continua son chemin. Ils se déchaussèrent devant la longue terrasse en bois, et entrèrent. Ils empruntèrent un long couloir, ils passèrent devant de nombreuses portes coulissantes,l’ une était ouverte, Ichida jeta un regard dans la salle, plusieurs samouraïs paressaient allongés sur le sol en buvant un thé servi par une femme, ils bavardaient bruyamment. Mais il n’eut pas le temps de s’y intéresser davantage, Ryo semblait pressé de se débarrasser de sa mission. Ils croisèrent trois jeunes femmes les bras chargés de fleurs. Elles sourirent au passage des deux samouraïs et s’inclinèrent. Ichida croisa leur regard, elles se mirent à rire doucement, faisant des grands sourires au jeune homme, puis s’éloignèrent précipitamment en riant. Ichida se détourna continuant à suivre son « guide ». Ils arrivèrent devant un étroit escalier, ils montèrent les marches et se retrouvèrent à l’étage. Un long couloir traversait tout l’étage. Ryo tourna vers la droite et mena le jeune homme vers l’une des nombreuses portes. Il fit glisser le panneau et franchit le seuil, puis se planta au milieu de la chambre. Ichida entra à son tour et balaya du regard la pièce. C’était une chambre simple mais claire, bien située pour l’ensoleillement. Elle donnait sur un long balcon, communiquant avec les autres chambres. Un grand futon était préparé à son intention, la chambre comportait également un petit placard à gauche de la porte, dans lequel se trouvaient du linge et d’autres couvertures. Une petite table basse en bois précieux trônait au milieu de la pièce sur laquelle étaient disposés divers objets utiles, comme de l’encre, des pinceaux, du papier et même un cendrier. Soudain son regard repéra un objet bien plus important à ses yeux, son katana… Il reposait sur une autre petite table devant la fenêtre. Ichida s’avança et prit délicatement son sabre entre ses mains. Il contempla longuement le fourreau pourpre et doucement d’une main dégaina avec lenteur la lame brillante. Il la leva devant son visage et contempla sa ligne courbe. C’était comme s’il se retrouvait après une longue absence en face d’un être cher. Finalement il rangea la lame dans son fourreau et se tourna vers Ryo qui n’avait pas bougé d’un pouce. -« C’est ta chambre ! » Précisa -t-il, bien que cela ne soit pas vraiment nécessaire. « Comme tu vois on t’as rendu ton katana. » Ryo se dirigea vers le placard, l’ouvrit et en sortit une étoffe noire soigneusement pliée, d’un geste vif il la lança à Ichida. « Tiens ! Prend ça ! » Ichida attrapa au vol le tissu qui se déplia dans ses mains, c’était un kimono noir, la tenue des dragons noirs. Le jeune homme fixa longuement le vêtement. « Désormais vu que tu es un dragon noir, tu devras porter ce genre de kimono. » Ryo fit un petit sourire ironique. « Tu devras t’y faire vu que tu as renié ton ancien clan. » Un rictus mauvais s’afficha sur son visage. Ichida leva son regard vers lui. « Les repas se prennent en bas avec les autres. Le matin entraînement dans le dojo et pour les missions…On viendra t’informer en temps et en heure. » Il jaugea d’un regard le jeune samouraï. « Voilà ! Gamin ! Tu es au courant de l’essentiel ! » Il s’approcha de la porte. « Un conseil ! A l’avenir, évite de faire trop le malin avec moi. Même si je suis responsable de toi… » Il jeta un regard froid à Ichida. « J’apprécie aucunement les gamins dans ton genre. » Et sur ces mots il quitta la chambre. Ichida posa de nouveau son regard sur le kimono noir qu’il serrait toujours entre ses doigts. -« Un dragon noir… » Murmura- t-il pensif. Alicia revent après avoir été chercher de l’eau à la fontaine. Elle vida ses deux seaux pleins dans le grand bac où trois jeunes femmes savonnaient du linge. Elles levèrent leurs regards vers la blondinette et lui sourirent. -« Merci bien Alicia-san. » Remercia la plus âgée des trois. Alicia essuya la sueur perlant sur son front avec le dos de sa main et sourit à son tour. -« Ce n’est rien ! » -« Tu travailles comme une lionne. » Plaisanta gentiment une autre. -« C’est vrai ! Tu mets du cœur à l’ouvrage. » Approuva la première. -« Vous aussi vous travaillez dur. La vie n’est pas facile ici. » Précisa Alicia. -« Ha ! Ca oui ! Le monde des hommes et surtout avec ses samouraïs n’est pas un mode de vie des plus reposants, mais nous ne nous en plaignons pas. Il y a des femmes bien moins chanceuses dans ce vaste monde. Un monde bien cruel. » -« Ca c’est vrai ! » Confirma la troisième en savonnant vigoureusement un kimono. -« La vie n’est pas facile pour les femmes. Surtout quand elles n’ont plus de famille sur laquelle compter. » -« Quel est le sort de ces femmes ? » S’enquit Alicia. La plus âgée cessa un instant de savonner le drap et leva son regard vers elle. -« Une femme sans protection, sans attache finit souvent comme prostituée dans une maison mal famée. C’est le sort de beaucoup de femmes. » Elle reprit sa tâche. « Surtout quand elles n’arrivent pas à trouver un travail convenable pour survivre. » -« Oui ! Le travail sauve une femme. » Confirma la plus jeune des trois. « Nous avons beaucoup de chance d’avoir Maori-san ! » La plus vieille fit un sourire. -« Oui Maori-san est une femme remarquable ! Elle fait beaucoup pour nous. Nous devons lui être reconnaissante. » Alicia demeura un moment songeuse, puis salua ces femmes et retourna à son travail. -« La vie n’est pas facile pour les femmes. Surtout quand elles n’ont plus de famille sur laquelle compter. » Les propos de la vieille lavandière l’obséda « Une femme sans protection, sans attache fints souvent comme prostitueé dans une maison mal famée. »-« Une femme sans protection…Sans personne pour la protéger. » Elle jeta un regard par la fenêtre. Il l’avait protégé… « Ichida… » Murmura -t-elle. Ichida revêtu du kimono noir descendit dans la grande salle commune où tous les samouraïs prenaient leur repas. Ils étaient tous là agenouillés, tandis que des femmes déposaient des plateaux devant eux et servaient riz, thé et saké à volonté. Son arrivée imposa le silence, les têtes se levèrent, des regards le jaugèrent. Ichida franchit le seuil et longea la rangée de guerriers soudain très silencieux. -« Hé ! Ichida-san ! Vient donc t’asseoir ici ! » S’exclama Shinji en levant la main pour qu’il le voit. Ichida s’approcha de lui et s’agenouilla à côté du jeune apprenti ravi. Aussitôt une femme déposa un plateau devant lui. « C’est tout de même mieux de manger ici que dans cette cellule ! N’est-ce pas ? » Le jeune samouraï leva son regard vers le visage souriant de Shinji. -« Oui ! » Puis doucement sourit. Les conversations reprirent entre les dragons noirs. Ichida pu se restaurer tranquillement sans être trop l’objet d’attention de leur part. Dix minutes plus tard, il reposa ses baguettes sur le plateau et prit le verre de saké que vint lui verser une des jeunes servantes. « Merci ! » Murmura-t-il à son intention et avala le liquide doucement alcoolisé. -« Si tu veux je pourrais te faire la visite des lieux. » Proposa Shinji qui avait lui aussi finit de manger. Ichida sourit légèrement. -« Pourquoi pas… » Ainsi après le repas et tandis que les femmes enlevèrent les plateaux, Ichida et le jeune Shinji se levèrent, quittèrent la salle et sortirent du pavillon. Shinji servit de guide au jeune samouraï, traversant le village. Ils passèrent devant l’auberge d’où sortaient des chants et des rires. Ichida s’immobilisa un instant jetant un long regard. -« Les missions sont pas toujours très agréables donc parfois… Ils aiment bien venir ici et oublier en buvant. » Commenta le jeune compagnon avec un petit sourire triste. -« Je comprends. » Murmura Ichida sans les quitter du regard. -« Oui c’est vrai ! Cela devait être pareil pour le clan des loups blancs. » -« En effet ! » Ichida posa son attention sur le jeune apprenti. « Toute guerre est laide, ont verse beaucoup de sang. » Il prit un air songeur. « Beaucoup trop de sang… » -« Est-ce pour cette raison que vous avez déserté le clan des loups blancs ? » Interrogea Shinji vivement intéressé. -« Non ! » Il s’éloigna mettant alors un terme à se sujet. Shinji ne tenta pas d’en savoir plus et continua la visite. -« Alicia-san ? Alicia-san ? » S’exclama une des femmes cherchant la jeune fille. -« Je suis ici ! » Alicia apparut sur le seuil de la cuisine pour voir qui l’appelait ainsi. « Vous me chercher Yuki-san ? » S’étonna -t-elle tenant toujours le couteau et le légume qu’elle était en train d’éplucher. La jeune employée hocha la tête reprenant son souffle. -« Votre ami… le samouraï des loups blancs… » _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mar 20 Déc à 19:00 | |
| -« Ichida ? » Nouveau hochement de tête de la jeune Yuki. -« Il a vu le seigneur Natsuki ce matin… et… » -« Et ? » Alicia attendait le cœur palpitant. -« Il a accepté… » Yuki fit un petit sourire. -« Il…a… accepté ? » Alicia laissa tomber le légume par terre. « Pourquoi ? » Murmur- t-elle stupéfaite. Yuki jeta un regard inquiet à la jeune fille. -« Ca ne va pas Alicia-san ? Tu es toute pâle. » Alicia demeura un long moment immobile le regard lointain, puis se tourna lentement vers yuki. -« Sais-tu où se trouve Maori-san ? Je dois la voir…Il faut que je… » -« Maori-san ? » Yuki porta sa main à son menton. « Je crois qu’à cette heure tu la trouveras dans son bureau. » -« Merci ! » Alicia déposa brusquement le couteau dans les mains de la jeune japonaise et partit en courant. -« Hé ! Attends ! Alicia…san ? » Mais la jeune fille était déjà loin. Elle courut à perdre haleine jusqu’au bureau de Maori. Elle était effectivement installée devant la petite table, elle leva un regard surpris en voyant ainsi débarquer Alicia. -« Alicia-san ? » Elle reposa son pinceau. « Pourquoi cette précipitation ? Y aurait-il un problème ? » Alicia se laissa tomber à genoux, reprenant son souffle. Maori se leva et s’approcha d’elle. « Que vous arrive- t-il ? » -« Est-il vrai…qu’il… a… dit …oui… ? » Elle leva un regard interrogateur. Maori compris alors de qui elle voulait parler et sourit doucement, s’agenouillant devant elle. -« Oui ! Effectivement ! Votre ami est devenu un dragon noir. » Confirma- t-elle. -« Je… » Alicia hésita puis finalement leva un regard décidé. « S’il vous plait Maori-san ! J’aimerais être à son service ! Etre celle qui s’occupe de lui.» Maori fixa avec surprise la jeune fille. -« Vous me demandez d’user de mon influence pour vous permettre d’être la servante d’Ichida-san ? » Alicia inclina légèrement la tête. -« Oui ! S’il vous plaît ! » -« Et pour quelle raison tenez-vous autant à servir ce samouraï ? » -« Je… » Alicia releva la tête, dans son regard brillait une lueur volontaire. « Il m’a protégée ! Depuis le début… depuis notre rencontre… alors que je suis une parfaite inconnue… Je veux pouvoir faire quelque chose pour lui. » Le beau visage de Maori s’illumina d’un doux sourire. -« Je comprends ! Vous lui êtes redevable et vous désirez le soutenir. » Alicia hocha la tête. Maori posa sa main sur celle de la jeune fille. « Je vais voir ce que je peux faire. J’userai de mon influence c’est promis. » Ce fut au tour du visage d’Alicia de s’illuminer d’un sourire. -« Merci infiniment Maori-san. » Remercia -t-elle émue. Ichida et Shinji retournèrent au quartier des samouraïs. Alors qu’ils s’approchaient du dojo, ils entendirent des éclats de voix. -« Tiens ? Un entraînement ? C’est rare durant l’après midi ! » S’étonna Shinji. « Allons voir ! » Ils se dirigèrent vers le dojo, il semblait y avoir pratiquement toute la milice rassemblée à l’intérieur, le bruit métallique de deux lames fut couvert par des cris d’encouragement. Shinji et Ichida se frayèrent un chemin parmi les autres, et se mirent au premier rang. Devant eux se livrait un combat entre Kyojiro le jeune capitaine que ne connaissait pas encore Ichida et Haru le fils du seigneur Natsuki. Shinji semblait ravi d’assister à l’entraînement. -« Incroyable ! Celui de gauche c’est notre capitaine Kyojiro-san ! C’est une fine lame ! » Expliqua avec enthousiasme Shinji en élevant la voix pour qu’Ichida puisse entendre malgré les cris des autres samouraïs. « L’autre c’est le jeune prince Haru-san ! Il aime le sang ! » Ichida prêta l’oreille à son compagnon tandis qu’il observait attentivement l’affrontement. Kyojiro semblait en effet très fort, bougeait avec rapidité, sa force résidait également dans son self-contrôle. Il demeurait calme et réfléchi face à l’agressivité de son adversaire. Ses parades semblaient inviolables. Haru avait la rapidité et la fougue pour lui, sa dextérité semblait être d’un niveau supérieur. C’était vraiment un entraînement des plus intéressants. Le prince jeta un cri de rage et exécuta une série rapide d’attaques, effectuant des changements de mouvements de sa lame avec une grande fluidité. Un HOOOOOOOOOOO !!! Admiratif s’éleva dans le dojo. Kyojiro eut bien du mal à ne pas se faire toucher par cette lame avide. Seulement… Ichida observa le fils du seigneur…il était trop impulsif et comptait un peu trop sur sa rapidité et non sur la force de son adversaire. Il eut la confirmation de son jugement quand le capitaine riposta, ce fut magistral et rapide. Haru se retrouva désarmé brutalement et reçut un coup à l’épaule, il tomba un genoux à terre. La victoire du capitaine fut saluée par des exclamations admiratives. Le capitaine rengaina son sabre d’entraînement et tendit une main à Haru. Celui-ci fronça les sourcils et ignora son aide. Il se redressa, récupéra le sabre tombé et rangea la lame dans son fourreau. -« Ce n’était qu’un coup de chance ! » Répliqua -t-il avec arrogance. « Rien de plus ! » Devant le fils du seigneur Kyojiro demeura silencieux et s’inclina. Ichida ne partageait pas tellement l’avis de ce jeune homme prétentieux. S’il avait perdu, c’était uniquement par sa faute. Trop de confiance en soi n’est pas bon et rendait le combattant imprudent. Haru quitta le dojo en prenant un air digne, laissant le jeune capitaine face à l’enthousiasme de ses hommes. Il sourit doucement et salua les compliments avec modestie. C’est alors que son regard aperçut Shinji et celui qui l’accompagnait…Ichida Mamoru. Kyojiro s’avança vers eux. -« Bonjour Kyojiro-san ! » Salua Shinji. -« Bonjour Shinji-san! » Il lui sourit puis son regard se tourna vers Ichida. « Vous êtes Ichida-san n’est-ce pas ? » -« Oui ! » -« C’est bien ce qui me semblait. » Kyojiro sourit de nouveau. « Soyez le bienvenu parmi nous ! » -« Merci ! » Ichida inclina la tête. « C’était un affrontement remarquable. Vous êtes très fort. » Le capitaine se contenta de sourire un peu plus. -« Je ne vaut pas grand-chose face à l’assassin au cerisier. » Ichida releva la tête et sembla un peu surpris. « Votre entraînement d’hier était impressionnant. » -« Ca c’est vrai ! » s’exclama Shinji avec enthousiasme. « Il nous a réglé notre compte très rapidement. » Kyojiro éclata de rire, voir le jeune apprenti parler avec autant de joie de sa défaite était très amusant. -« Effectivement ! » Répliqua enfin le capitaine une fois son hilarité un peu calmée. « En tout cas j’espère un jour qu’on pourra s’entraîner ensemble. » Ichida inclina la tête. -« Je serais également ravi de le faire. » Kyojiro fit un autre sourire puis s’éloigna. -« Quel homme bien ce capitaine ! » S’exclama avec beaucoup d’admiration, Shinji. Ichida ne dit rien mais hocha la tête. Le soir venu, Alicia dans sa chambre était épuisée et nerveuse. En ce moment même Maori était partie voir le seigneur Natsuki pour plaider en sa faveur. Alicia à plat ventre sur le futon, le menton posé sur ses avants-bras fixait d’un air pensif la fenêtre ouverte. Ce seigneur accepterait-il sa demande ? Pourrait-elle alors être prêt d’Ichida ? Elle pivota sur elle-même et se retrouva sur le dos, elle poussa un long soupir lasse. Bizarrement elle ne se souciait que de lui et aucunement de son monde à elle. C’était comme… comme si elle avait toujours été au fond d’elle ici. Pourquoi son univers ne lui manquait-il pas ? Pourquoi cette indifférence ? Elle réfléchit…Au fond personne ne l’attendait là-bas… Elle n’avait pas de famille. « La vie n’est pas facile pour les femmes. Surtout quand elles n’ont plus de famille sur laquelle compter. »Cette phrase… ces mots…ne semblaient si lourds de sens qu’ici… Pourquoi n’avait-elle pas réalisé avant ? Elle soupira une nouvelle fois et ferma les yeux. -« Je veux… juste… compter… pour quelqu’un… Rien de plus. » Des larmes brûlantes coulèrent doucement sur ses joues, puis peu de temps après la fatigue l’emporta et elle s’assoupit ainsi profondément. Ichida était debout sur le balcon, ses longs cheveux noirs détachés flottant au vent. Il contemplait la lune brillante et le village qui petit à petit s’assoupit. -« Pourquoi regardes- tu la lune ainsi Ichida ? » Résonna une voix douce et grave dans son esprit. Un homme s’avança vers un jeune garçon d’une quinzaine année assis sur une pierre. Ce dernier leva son regard vers l’homme. -« Je me posais une question, Seiju-sensei* ! » (* Maître) -« Ha oui ? Et l aquelle ? » L’homme aux cheveux grisonnants s’assis sur une pierre voisine et leva également le regard vers le ciel. -« Pourquoi alors que les hommes se déchirent entre eux et qu’on voit verser le sang, pourquoi malgré tout la lune nous semble toujours aussi belle ? » L’homme esquissa un léger sourire. -« Tu te demandes pourquoi tu arrives encore à admirer les jolies choses après en avoir commis des plus horribles ? » Ichida hocha la tête. -« Tout simplement parce que ton âme et ton cœur ne demeurent jamais souillés par le sang. C’est une force chez toi… Ichida-san… » Il pointa un doigt sur la poitrine de l’adolescent. « Cette cicatrice t’as enseigné ça. » -« Et vous ? Voyez vous toujours les belles choses ? » Le maître laissa retomber sa main et soupira. -« Je les vois, mais pas de la même manière… Mon âme n’est pas aussi pure. Elle a perdu de sa pureté depuis longtemps. Depuis que j’ai laissé le sang souiller mon cœur.» Il posa un regard souriant sur le jeune garçon. «Même si tu es un loup blanc, un porteur de sabre…Tâche de ne jamais laisser ce sang souiller ton coeur… Ne perds pas ton âme dans des causes inutiles…Ne te fie qu’à ton cœur… Un jour tu comprendras… Que ce cœur qui palpite en toi est le bien le plus précieux et qu’il t’apportera un jour un immense bonheur. »
-« Un bonheur ? » Répéta l’adolescent en levant les yeux une nouvelle fois vers la lune.Ichida le samouraï debout sur le balcon, l’observait comme ce jour là. -« Je n’ai jamais oublié vos propos…sensei… »Murmura- t-il. « Et j’ai toujours fait selon vos principes… » Il leva sa main et la contempla. « Malgré le sang… Malgré ces vies ôtées… » Il referma les doigts et serra le poing. _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mar 20 Déc à 19:00 | |
| L’aube pointait à peine au-dessus de la forteresse que le village était déjà bien réveillé. Ichida retrouva Shinji dans la grande salle pour le petit déjeuner et c’est ensemble qu’ils se rendirent dans le dojo. Ichida allait participer à son premier entraînement en tant que dragon noir, autant dire qu’il y avait beaucoup de monde pour voir le jeune homme à l’action. Le maître, un gradé d’une soixantaine d’années supervisait les exercices, donnant des instructions judicieuces quant il le jugeait nécessaire. Ichida se plia docilement à ces exercices de base au côté de Shinji. Il ne cherchait aucunement à se démarquer des autres, exécuter ces mouvements simples ne le gênait aucunement, cela lui permettait de s’imprégner en douceur à sa nouvelle condition. Pendant qu’Ichida s’entraînait, à l’autre bout du village, une jeune fille attendait avec angoisse une réponse. Une réponse qui lui fut donnée juste après le déjeuner. Maori vint la voir à ce moment là. -« Bonjour Alicia-san ! » Salua- t-elle avec un sourire. -« Bonjour Maori-san. » -« J’aurais besoin de te parler un moment. Veux-tu bien venir dehors avec moi ? » Alicia hocha la tête et se leva. Les deux femmes sortirent dans le petit jardin et marchèrent un peu pour s’éloigner des oreilles indiscrètes. Une fois bien seule à seule, Maori se tourna vers la jeune fille. « Je ne vais pas te faire languir plus longtemps. » Commença -t-elle. « Je suis allée voir le seigneur Natsuki, je lui ai fait part de ta demande. » Alicia écoutait attentivement le cœur battant. « Ta requête l’a beaucoup amusé. Il a rit aux éclats pendant un long moment…cependant… » Maori fit un radieux sourire. « Il a donné son accord. » -« C’est vrai ? » S’exclama la jeune fille. Maori accentua son sourire et hocha la tête. -« Seulement tu seras étroitement surveillée. Tu es l’otage qui leur permet d’utiliser l’assassin au cerisier, ils ne veulent pas prendre le risque de perdre leur plus précieux atout. » Alicia hocha la tête, peut lui importait d’être l’objet de surveillance accrue, elle allait pouvoir soutenir de son mieux le jeune samouraï, c’est tout ce qui importait pour elle. Maori s’amusa en voyant sa mine réjouie. « Tu peux dés maintenant te rendre auprès de lui. Yuki-san t’accompagnera pour te montrer où se trouve le quartier des samouraïs. » -« Merci beaucoup Maori-san. » La belle japonaise posa sa main sur l’épaule de la jeune fille. -« N’hésite pas à venir me voir si tu as besoin. » -« Oui ! » Maori sourit doucement et s’éloigna, laissant la jeune fille à ses joyeuses pensées. L’entraînement venait de finir, Shinji se laissa tomber sur le sol avec un soupir. -« J’ai mal partout ! » Se plaignit-il Ichida rangea le sabre d’entraînement et se tourna vers lui. Shinji se massa l’épaule avec une grimace. « Le maître s’est montré particulièrement pointilleux. » Il leva son regard vers le jeune samouraï. « Je ne sais pas comment tu fait pour pas avoir mal. » -« Mais j’ai mal autant que toi. » Répliqua simplement le jeune homme. -« Ho ? C’est vrai ? » S’étonna Shinji. « Toi ? Aussi ? » Il le fixa comme si cela n’était pas possible. Ichida éclata de rire. -« Bien sûr que si ! Je ne suis pas fait de pierre. » Se moqua- t-il gentiment. Puis il tendit une main pour aider Shinji à se relever. Shinji la saisit et se redressa. -« Mais quand même ! Tu es l’assassin au cerisier, je pensais que… » Ils sortirent ensemble du dojo. -« Un titre n’empêche pas les courbatures après un entraînement intensif. De plus cela faisait longtemps que je n’avais pas pratiqué ce genre d’exercice. » Il sourit. -« Hé bien tu n’as pas fini avec le maître ! » Shinji tourna son regard vers le pavillon des samouraïs et vit Yuki en sortir. « Héééé ! Yuki-san ??? » La jeune fille se retourna et s’immobilisa. « Scuse moi Ichida-san on se voit au repas ! » Puis s’empressa de rejoindre la jeune japonaise. Ichida esquissa un sourire puis se dirigea vers le pavillon. Il grimaça en montant les marches, s’approcha de sa chambre, poussa la porte et… Il s’immobilisa surpris. Alicia se tenait au milieu de la pièce, elle se retourna en entendant la porte coulissée et… il était là enfin. -« Alicia-san ? » Murmura- t-il surpris. Elle lui fit un grand sourire. -« Bonjour Ichida-san ! Vous avez l’air en forme. » Le jeune samouraï sembla revenir un peu de sa stupeur, il franchit le seuil et ferma la porte derrière lui. -« Merci ! Vous aussi ! » Il détacha son katana et le posa sur le futon. « Ils vous ont bien traitée ? » S’enquit-il. -« Oui ! » Elle jaugea sa tenue de dragon noir. « Vous avez accepté d’être un dragon noir… » Il s’agenouilla. -« Oui ! » -« Pourquoi ? » Il ne répondit pas. Elle s’agenouilla devant lui. « Est-ce à cause de moi ? » Insista- t-elle. Sa question demeura encore sans réponse. « Ichida-san ? » -« J’ai fait mon choix. Que je sois avec les dragons noirs ou non cela ne change rien pour moi, je tuerai de toute façon. » Il posa son regard sur elle et esquissa enfin un sourire. « Inutile de vous inquiéter pour moi. Je tue depuis que je sais manier un sabre, c’est le mode de vie que j’ai choisi. » -« Mais… » -« Je suis un assassin… » Coupa- t-il doucement. Alicia baissa les yeux vers ses mains posées sur ses genoux. « Je suis surpris… » Elle releva la tête. « De vous voir ici. Je ne pensais pas vous revoir aussi vite et encore moins ici, dans le quartier des samouraïs. » -« C’est que j’ai demandé qu’on me laisse m’occuper de vous. » -« Vous occupez de moi ? » Elle hocha la tête. -« Le temps que j’étais dans le quartier des femmes, durant ces jours, j’ai pris la décision de me rendre utile. J’ai donc travaillé et… Quand j’ai appris que vous aviez choisi de devenir un de ces samouraïs, je… j’ai demandé à ce que je puisse m’occuper de vous. » Ichida semblait surpris. -« Pourquoi ? » Alicia releva un visage volontaire. -« Parce que je veux vous soutenir ! Je veux pouvoir à mon tour vous aider, comme vous l’avez fait ! » Il fronça les sourcils. -« Vous ne pensez tout de même pas que vous m’êtes redevable ? » Elle baissa de nouveau les yeux. -« Je… » Elles se mordit les lèvres. Un long silence s’installa entre eux. Un silence qui sembla interminable pour la jeune fille. -« Je n’ai pas fait tout cela pour que vous pensiez que vous aviez une dette envers moi. » -« J’en suis consciente, seulement… » Elle affronta de nouveau son regard. « Je veux être celle sur qui vous pouvez compter ! Laissez-moi devenir votre soutien ! » Sa réponse provoqua une vive surprise sur le visage du jeune samouraï. Elle s’approcha, le regard suppliant. « Je vous en prie ! Laissez-moi être un appui ! Je veux pouvoir me sentir utile pour vous ! » Il fixa un moment ce visage suppliant, puis soupira. -« Vous êtes libre de choisir votre destin, je n’ai absolument pas le droit de m’y opposer. Aussi… » Son visage s’adoucit. « Je vous remercie et j’accepte votre appui. » Il s’inclina doucement. Alicia sentit son cœur se réchauffer et sourit. A partir de cet instant elle serait là pour lui, elle serait à ses côtés... Le midi Ichida rejoignit la milice en bas dans la grande salle, Alicia retourna en attendant au quartier des femmes. Ichida s’assis à côté de Shinji, ce dernier se pencha vers lui. -« Yuki m’a dit pour la jeune étrangère. » Le jeune samouraï ne dit rien, continuant à manger en silence. « C’est ta compagne ? » Ichida cessa un instant de manger, il jeta un long regard à l’apprenti samouraï, puis reprit son repas. -« Non ! Pas vraiment ! » -« Pas vraiment ? C’est une curieuse réponse. » S’étonna- t-il. « Il parait qu’elle désirait te servir. Est-ce vrai ? » -« Oui ! » -« Qu’est ce que j’entends ? Le morveux se prend une servante rien que pour lui ? » S’exclama une voix bien désagréable derrière eux. « Le morveux se refuse rien ! » Shinji se tourna. -« Ichida-san n’est pas responsable de cette décision ! » Protesta vivement le jeune garçon. « Yuki-san m’a tout expliqué et … » -« Inutile de te justifier à ma place Shinji-san. » Coupa Ichida reposant doucement ses baguettes et sans jeter un regard en arrière. Shinji se tourna vers lui. -« Mais…Ichida-san ? » -« Ce qu’on pense de moi m’importe peu. » Il se leva, puis lentement se tourna pour faire face à Ryo. « Je n’ai aucunement besoin de me justifier. » Il affronta le regard du samouraï. « Je ne l’ai jamais fait jusqu’à présent. » Ryo fronça les sourcils. Ichida s’inclina. « Excuse- moi ! » Et tourna les talons, plantant un Ryo un peu vexé mais qui n’avait rien à redire au comportement du jeune samouraï. (a suivre  chapite 4) _________________  |
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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mer 21 Déc à 14:02 | |
| Chapitre 4 : Pluie et sang Trois jours s’étaient écoulés, Ichida semblait bien adapté à sa vie parmi les dragons noirs. Les entraînements matinaux et même les autres samouraïs qui maintenant semblaient le considérer comme faisant partie intégrante de leur milice. Alicia également faisait de son mieux pour apporter son aide au jeune guerrier, par petites touches, juste parfois en étant là tout simplement. Mais ce n’était pas si simple pour elle, Ichida était un jeune homme plein de mystère et parfois si difficile à comprendre. Il lui arrivait d’être si insaisissable, surtout quand il était plongé dans de lointaines pensées. Elle ne les troublait jamais, elle respectait ces moments, mais se posait beaucoup de questions à leur sujet. Il se tenait souvent assis près de la fenêtre serrant son katana. Pourquoi autant d’attachement pour ce sabre ? Il était évident qu’un samouraï soit très attaché à son sabre, mais… en ce qui concernait Ichida cela semblait bien plus fort encore. Ichida était à l’entraînement du matin, le maître avait laisser de côté les exercices de base pour cette fois laisser les guerriers s’affronter dans de petits duels. Par groupes de deux ils s’affrontaient, Ichida attendaient son tour, observant d’un œil un peu distrait le duel Shinji et Enji. Enji avait l’avantage de l’expérience face à Shinji, qui perdit honorablement. Ils s’inclinèrent et laissèrent la place aux deux suivants. Le maître se tourna vers le groupe. -« Ichida-san et Ryo-san ! » Appela- t-il. Ryo jeta un regard au jeune samouraï puis s’avança, Ichida sorti des rangs également et se mit en face de l’autre à une certaine distance. Ils se saluèrent puis prirent chacun leur position. Ryo s’élança avec un cri, enfin il allait montrer au morveux ce qu’il était capable de faire. L’occasion était trop belle pour lui faire ravaler son arrogance. Le choc des sabres fut brutal, Ichida fronça les sourcils, il eut bien du mal à parer la puissante attaque. Ils reculèrent d’un pas, Ryo jugea du regard son adversaire, une lueur ironique s’alluma dans ses prunelles, il se réjouissait de l’expression du morveux. -« Hé ouais l’morveux ! Tu réalises à qui tu as affaire. » Songea- t-il. « Et tu n’as encore rien vu ! » Il fonça de nouveau sur Ichida, changeant de technique. Le jeune samouraï tenta d’esquiver, le sabre frôla son épaule, il pivota vivement, c’était de justesse. « Alors ? C’est tout ce que tu sais faire ? » S’exclama goguenard Ryo. « Tu ne sais donc que fuir ? » Ichida ne répliqua pas il se contenta d’affirmer sa prise sur le manche du sabre et se positionna. Ryo exécuta sa troisième attaque, changeant encore de style. Les sabres vibrèrent sous l’impact, pendant un instant Ryo et Ichida étaient face à face, luttant pour afffaiblir l’autre. Sous l’effort, la sueur perlait de leur visage. Ils se fixèrent avec hargne. C’est alors qu’Ichida recula brutalement et profitant de la surprise de Ryo, attaqua, Ryo sentit le souffle du sabre contre sa joue et para de justesse. Leur duel dura encore plusieurs minutes, une lutte de force impressionnante sous un silence respectueux des autres samouraïs. Ichida reçut un mauvais coup à l’épaule, Ryo un sur les côtes, mais malgré cela ils continuaient, aucun des deux ne semblait vouloir abandonner, Tant que l’un des deux ne serait à terre… tant que l’un des deux ne serait vainqueur…mais… -« Cela suffira ! » S’éleva alors la voix du maître, y mettant enfin terme. Les deux combattants s’écartèrent doucement et abaissèrent leur sabre. Ryo était haletant et observait le jeune samouraï d’un regard un peu moins sûr de lui. Ichida tout aussi fatigué, essuya d’un revers de main la sueur qui coulait sur son front. Son épaule lui faisait mal, ses doigts était douloureux d’avoir serré autant le sabre, mais il était en tout cas impressionné par la force et la ténacité de Ryo. Finalement ils se saluèrent et regagnèrent chacun de leur côté le rang. D’autres duels suivirent puis enfin l’entraînement s’acheva. Les samouraïs quittèrent le dojo et tous prirent la direction des bains, après un tel entraînement cela s’imposait. Ichida et Shinji marchaient côte à côte. -« Ton duel avec Ryo-san était vraiment impressionnant ! » S’exclama Shinji. « Un grand combat ! » Le jeune samouraï se contenta d’hocher la tête et jeta un regard à Ryo qui marchait devant eux avec le capitaine Kyojiro et trois autres samouraïs. La grande salle des bains fut très animée avec tous ses samouraïs. Après un entraînement si difficile rien n’était plus agréable que de se délasser dans l’eau chaude. Ryo et Kyojiro étaient côte à côté, se déshabillant et s’installant pour se savonner. Autour d’eux les rires, commentaires et plaisanteries fusèrent. Ryo grimaça légèrement et plaqua une main sur ses côtes droites, là où il avait reçu le sabre d’Ichida. Le capitaine le remarqua et sourit doucement. -« Tu devrais voir le pharmacien pour qu’il te donne un baume. » Ryo saisit le pot contenant le savon liquide. -« C’est pas grand-chose. » -« Tu t’es bien battu ! » Complimenta le capitaine. Ryo ne répliqua pas, il se contenta de jeter un œil vers Ichida, il venait d’entrer avec Shinji. Il le suivit du regard, Ichida s’approcha vers une place libre non loin d’eux et retira son kimono. Ryo donna un léger coup de coude à Kyojiro et fit un mouvement de tête vers le jeune samouraï. Le capitaine posa son regard sur Ichida et… écarquilla les yeux en voyant la longue cicatrice. D’ailleurs il n’était pas le seul à l’avoir remarqué, plusieurs samouraïs également ainsi que Shinji installé à ses côtés. -« Hé bien ! Je n’ai jamais vu une cicatrice aussi impressionnante !! » S’exclama- t-il bruyamment. Aussitôt les autres samouraïs qui n’avaient pas encore remarqué ce détail se retournèrent. Shinji se pencha un peu vers Ichida qui commençait à se savonner ne faisant aucun cas des regards. « C’est un sabre qui t’as fait ça ? » -« Oui ! » -« Celui qui t’a fait ça a bien faillit te tuer…non ? » Ichida se versa un peu d’eau tiède. Le jeune apprenti n’était pas le seul à attendre une réponse de sa part, même si les samouraïs présents avaient repris leur activité, ils ne lâchaient pas une miette de la conversation, faut dire que Shinji n’était pas du genre à faire dans la discrétion. -« Oui ! » Confirma le jeune homme d’un ton impassible. -« Impressionnant ! » Ichida se leva, prit le seau d’eau tiède et s’aspergea entièrement, semblant clore ainsi cette discussion. Puis se dirigea vers le grand bassin et s’y plongea. Ryo et Kyojiro à quelque distance de là s’échangèrent un long regard et reprirent leur toilette. Le jeune samouraï s’enfonça dans l’eau jusqu’aux épaules, et s’adossa contre le rebord. La chaleur de ce bain soulagea doucement la douleur de son épaule contusionnée. Il baissa les yeux et contempla cette longue cicatrice, il l’effleura de ses doigts. Une lame brillante, une pièce sombre et familière, une silhouette se dressant, l’éclat du sabre et puis… Ichida fronça imperceptiblement les sourcils. Il quitta les bains et se dirigea vers les quartiers des samouraïs. En marchant ses doigts effleurèrent le manche de son sabre et machinalement vinrent se refermer dessus. Il monta directement dans la chambre, il ne désirait qu’une chose…être en paix. Il décrocha son sabre, s’approcha de la fenêtre et s’assis par terre, il plaça le katana contre son épaule et de là contempla le ciel sans nuages. C’est dans cette attitude qu’Alicia le retrouva quelques temps plus tard, elle entra les bras chargés de linge propre et s’immobilisa. -« Encore dans ses pensées ? » Songea- t-elle en se dirigeant vers le placard. Elle l’ouvrit et rangea avec soins les affaires. Elle le referma, s’approcha de lui et s’agenouilla à une distance respectueuse pour ne pas troubler ses pensées. De là elle contempla son profil, son regard si lointain. Il semblait si… triste… cela lui sauta brusquement aux yeux. Ichida Mamoru, l’assassin…triste… non mélancolique… A ce moment elle réalisa son extrême jeunesse, c’était encore un si jeune homme, si jeune et pourtant déjà si triste. Un poids semblait l’accabler, qu’avait donc pu vivre ce jeune garçon dans son passé pour être si désespéré ? « Ichida-san ? » Se risqua- t-elle. Le jeune homme tourna son regard vers elle. « Vous ne descendez pas manger ? » -« Manger ? » Il semblait ailleurs. Il s’intéressa de nouveau au ciel. -« Oui ! Avec les autres dragons noirs. » -« Les dragons noirs… » Brusquement son regard s’agrandit, il retira vivement son katana de son épaule et se leva. Alicia sursauta et leva un regard surpris. « Je… » Il baissa les yeux vers elle. « Merci ! » Il s’inclina et quitta la chambre. Alicia fixa longuement la porte après son départ, elle se sentait si impuissante… Ichida traversa le long couloir. -« Hé ! L’morveux ! » S’exclama une voix derrière lui. Le jeune samouraï se retourna. Ryo s’avança vers lui. « Tu as un ordre de mission ! » -« Une mission ? » -« Ouais ! Ta première mission avec nous. » -« Quand ? » -« Ce soir ! Nous partirons au coucher du soleil. » -« Nous ? » Il souleva un sourcil étonné. Ryo fronça les sourcils. -« Nous serons quatre. Enji-san, Haru-san, toi et moi. » -« Haru-san ? » Il se souvenait du jeune prince arrogeant. -« C’est lui qui supervisera la mission. » -« Je vois. » -« Tâche d’être prêt au coucher du soleil ! Pas de retard ! Je n’ai pas envie de me faire sanctionner à cause d’un gamin. » Il afficha un regard pleins de mépris. Ichida fronça les sourcils. -« Je serais prêt ! » Répliqua- t-il d’une voix sourde. -« On verra ça ! » Puis Ryo planta là le jeune samouraï. Il franchit le seuil de la grande salle, aperçu Ryo en grande conversation avec Enji et deux autres samouraïs. Un instant leur regard se croisèrent, puis Ichida détourna la tête et rejoignit le jeune Shinji. Durant le repas, il écouta d’une oreille distraite les bavardages de l’apprenti. Sa première mission en tant que dragon noir aurait finalement lieu ce soir. Quel genre de mission ? Ryo ne lui avait pas donné de détails. Ichida n’avait guère grand appétit, il en laissa beaucoup. -« Ichida-san ? Ca ne va pas ? » -« Hein ? » Il jeta un regard étonné vers le jeune garçon. -« Tu es bien silencieux, tu sembles ailleurs et surtout tu as à peine mangé. Tu es sûr que ça va ? » Mais l’humeur du jeune samouraï ne supportait pas tellement autant d’attention de sa part. Il laissa tomber bruyamment ses baguettes sur son plateau, ce qui attira l’attention des autres guerriers. Saisit son katana et se leva vivement. -« A tout à l’heure. » Prononça t-il et quitta la pièce. -« Ichida-san ???? » S’étonna Shinji. Il sortit dehors faire un tour, il avait besoin de marcher. Il traversa le village, il marcha longuement. Et c’est au détour d’un croisement qu’il tomba sur… -« Tiens ? Mamoru-san ? » C’était le capitaine Kyojiro. En le voyant Ichida s’inclina. « Je cherchais justement un camarade pour boire un peu de saké. » Il sourit. « Seriez vous d’accord pour me tenir compagnie ? » Le jeune samouraï hocha de la tête. C’est ainsi qu’ensemble ils se rendirent à l’auberge du village et prirent place autour d’une table. L’un des serveurs leur apporta un pichet de saké chaud. Kyojiro fit le service. « Vous vous êtes bien défendu durant l’entraînement. » Complimenta- t-il. -« Merci ! » Ichida leva son verre à ses lèvres. -« Vous avez une technique intéressante…Typique des loups blancs c’est certain, mais efficace. » Le jeune samouraï but son saké. -« Ryo-san est très fort. » Répliqua doucement le jeune homme en reposant son verre. « J’ai eu beaucoup de mal à parer ses attaques. » Le capitaine hocha la tête avec un sourire. -« Comme vous il à connu un autre enseignement que celui des dragons noirs. » Ichida leva un regard surpris. -« Un autre enseignement ? » Kyojiro remplit de nouveau leur verre. -« Avant d’être de la milice des dragons noirs il travaillait pour un clan indépendant. » -« Un clan indépendant ? » _________________  |
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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mer 21 Déc à 14:07 | |
| -« Un peu comme les loups blancs, non ? » Il posa un regard bienveillant sur son jeune compagnon. Ichida esquissa un sourire. -« Oui c’est vrai ! » Il but le deuxième saké. -« J’ai cru entendre que ce soir vous alliez participer à votre première mission en tant que dragon noir. » La conversation prenait un autre tournant. -« Oui ! » -« Je vois… » Kyojiro saisit le pichet. « Je ne vous donnerais qu’un conseil. » Il remplit les deux verres. « Méfiez-vous d’Haru-san ! C’est un sanguinaire. » Il reposa le pichet. « Un samouraï assoiffé de sang, il aime répandre le sang, tué jusqu’à en devenir fou. Et la folie est dangereuse sous la lame d’un katana. » Il porta son verre à sa bouche. Ichida l’observa un moment. -« Je tâcherai de m’en souvenir. » Promit-il buvant son troisième verre de saké. Kyojiro fit un sourire et but à son tour. Ils passèrent un long moment ensemble, Ichida appréciait de plus en plus ce capitaine. C’était un homme bien, droit, intègre. Kyojiro lui rappelait beaucoup Seiju-sensei, son maître. L’après-midi était bien avancé quand ils sortirent de l’auberge. Kyojiro leva les yeux au ciel, des nuages noirs menaçant s’amoncelaient à l’horizon, l’air était tiède. -« Ca ne m’étonnerait pas qu’un orage éclate. » Il se tourna vers le jeune homme et sourit. « Bon courage pour ta première mission Ichida-san. » Il posa une main sur l’étroite épaule du jeune samouraï. Puis tourna les talons et s’éloigna. Ichida le suivit du regard jusqu'à ce qu’il soit hors de vue. Il leva à son tour son regard vers les nuages gris ardoise, puis prit la direction du quartier des samouraïs. Alors qu’il était en vue du pavillon, il sentit une vive douleur au niveau de la poitrine. Il s’immobilisa surpris. Il glissa la main sous l’étoffe de son kimono, il grimaça quand ses doigts effleurèrent la cicatrice douloureuse. Il retira sa main et…sur ses doigts…du sang…Il demeura stupéfait. -« Du sang ? Pourquoi ?... » Songea t-il. « …Pourquoi après autant d’années ?... » Mais il devait bien se rendre à l’évidence, aussi incroyable que cela puisse paraître, cette cicatrice se réveillait. « Pourquoi maintenant ? » Il contourna le pavillon, derrière il y avait une fontaine, il puisa de l’eau, se mit torse nu et avec un linge mouillé tenta d’apaiser la douleur et d’arrêter le saignement. Le contact du linge mouillé et frais le fit de nouveau grimacer de douleur, il se pencha au dessus du seau d’eau, il comprima puis petit à petit l’eau fraîche sembla apaiser un peu la brûlure palpitante. Il ouvrit les yeux et contempla un moment l’eau sombre dans le seau…son reflet… Il entendit un raclement de sandales derrière lui, il se redressa et tourna la tête. Ryo se tenait à quelques pas, fixant Ichida d’un regard un peu surpris. Il baissa les yeux vers le linge et haussa un sourcil en constatant le sang. Ils demeurèrent face à face un long moment, silencieux. Puis finalement Ryo plongea sa main sous l’étoffe de son kimono et en tira un petit pot de cuir, il s’avança et présenta l’objet à Ichida. -« Avec ça ce sera plus efficace ! » S’exclama- t-il. Le jeune samouraï après quelques secondes d’hésitation, prit le pot. Ryo détourna les yeux et entra dans le pavillon. Ichida contempla l’objet dans le creux de sa main, c’était un de ces baumes cicatrisants et apaisants. Il fut un peu surpris que le samouraï si désagréable à son égard, lui offre un tel remède. Ryo croisa quelques samouraïs qu’il salua d’un signe de tête au passage. Mais son esprit était préoccupé, il revoyait l’image d’Ichida et ce linge taché de sang. Il fronça les sourcils perplexes. -« Après tout tu ne sais rien de ce gamin. » Les paroles du capitaine lui revenaient à l’esprit. -« J’ignore effectivement beaucoup de choses sur lui. » s’accorda- t-il à penser. « Cette blessure… Est-ce si judicieux de l’emmener avec nous en mission ? »C’est alors qu’il tomba nez à nez avec Alicia, la jeune fille arpentait les couloirs et les salles à la recherche d’Ichida. Elle leva son regard bleu vers le grand samouraï mal rasé. Elle était un peu inquiète, Ryo n’avait pas une mine très réjouie à ce moment, il était même un peu effrayant avec ses sourcils froncés. Mais la jeune fille s’inclina doucement, Yuki-san et les autres filles lui avaient enseigné qu’il était important d’être très respectueuse envers les samouraïs. Ryo observa cette jeune étrangère. -« Vous êtes celle qui accompagnait Ichida-san ? » Demanda- t-il. Elle releva la tête. -« Oui ! Je suis… » Elle s’inclina de nouveau. « Alicia Bret. » -« Je vois. » Alicia jeta un regard un peu inquiet vers lui, pourquoi restait-il face à elle à la regarder ainsi. « Il est derrière. »Prononça- t-il finalement après un long silence. -« Hein ? » -« Ichida-san, vous le trouverez dans la cour derrière le pavillon. » Il inclina la tête et finalement continua son chemin, laissant une Alicia fort surprise. Ichida ajustait son kimono quand il entendit la porte s’ouvrir, il se retourna, c’était Alicia. -« Ichida-san ? Je vous cherchais ! » Elle s’avança, son regard s’arrêta sur le linge qu’il tenait encore entre ses mains, le linge souillé de sang. « Du sang ? » S’étonna- t-elle. « Etes- vous blessé ? » Il saisit le petit pot encore ouvert posé sur le rebord de la fontaine, le reboucha soigneusement et le glissa sous l’étoffe noire du kimono. -« Je vais bien. » Rassura- t-il. « Juste une égratignure sans importance durant l’entraînement. » La jeune fille sembla soulagée. « Vous me cherchiez ? » -« Oui ! Je m’inquiétais un peu. » Il sonda longuement son visage. -« Je vois. » Elle baissa un peu la tête. -« Je sais que je ne devrais pas… qu’après tout vous êtes maintenant un dragon noir et…vous serez amené à souvent vous absenter pour…combattre… Seulement… » Elle releva la tête. « Je ne peux m’empêcher de me faire du souci pour vous. » Ichida la fixait durant ses explications. Son regard en amande lui semblait si doux, elle aimait ce regard profond, son visage, elle sentit ses joues devenir si chaudes, elle réalisa qu’elle aimait profondément cet homme. Alors qu’elle s’expliquait maladroitement face à lui, elle venait de prendre conscience des ses sentiments. Ichida attendit patiemment la fin de ses maladroites explications, puis sourit doucement. Le cœur de la jeune fille s’emballa follement sous ce sourire. Qu’il était si agréable de le voir sourire, de ne plus voir cette tristesse sur son visage. -« Merci ! » Répliqua -t-il simplement. Alicia sentit ses joues s’échauffer encore plus, rougissait-elle comme une petite collégienne ? En tout cas ce simple merci lui procurait tant de bonheur. Elle répliqua à ce simple mot par un sourire radieux et ils rentèrent ensemble. Le ciel devint plus sombre, les lourds cumulus noirs s’amassaient de plus en plus, un vent tiède se leva, faisant courber les grands arbres de la forêt entourant la forteresse. L’après-midi touchait à sa fin, Ichida se tenait debout sur le balcon, il attendait l’heure de partir. Alicia agenouillée au milieu de la chambre l’observait tout en faisant quelques menus travaux de couture sur un kimono. Elle contempla cette élégante silhouette habillée de noir, ses longs cheveux noirs noués en une haute queue de cheval et flottant sous le vent tiède. Elle ne pouvait voir son visage, mais son attitude immobile lui indiquait qu’il devait être encore plongé dans ses pensées. Elle se piqua le doigt, la jeune fille porta son index à ses lèvres suçant la goutte de sang qui perlait. Finalement Ichida remua doucement et se retourna, leurs regards se croisèrent. La jeune fille reposa sa main sur l’étoffe et lui sourit doucement. Il s’avança et s’agenouilla non loin d’elle. Alicia reprit sa couture interrompue, jetant de discrets regards vers lui. « Ce soir… Je rentrerai tard… Ne m’attendez pas. » La jeune fille cessa de coudre. -« Vous… allez quelque part ce soir ? » S’étonna- t-elle. Il posa un long regard sur elle. -« Je serai en mission. » La jeune fille laissa tomber son aiguille. -« Votre première mission… en tant que dragon noir ? » Il hocha la tête. -« Dés le coucher du soleil. » Alicia sentit son cœur se serrer douloureusement. -« Vous… savez quel genre de mission ? » -« Non ! Mais je présume que je devrai ôter des vies. » La jeune fille posa sa main sur celle du jeune samouraï, un geste impulsif, incontrôlable, dicté par son cœur et ses sentiments. Les prunelles sombres du jeune homme s’agrandirent de surprise. -« Laisse- moi vous attendre ce soir !... Etre là à votre retour. » Il sonda son regard bleu, elle semblait si volontaire. -« Très bien ! » Il sourit doucement. Le ciel devint de plus en plus sombre, l’orage n’avait toujours pas laissé éclater sa colère, quand Ichida retrouva Ryo et Enji dehors. Le jour déclinait, il était temps de partir. -« Je pensais que le fils du seigneur Natsuki devait venir avec nous. » S’étonna Ichida. -« Il est déjà parti devant avec d’autres de la milice. » Répliqua Ryo. -« Alors pourquoi ? » -« Nous sommes en renfort. » Puis il jaugea un long moment le jeune samouraï. « Te sens-tu capable d’y aller ? » Ichida fronça les sourcils. -« Je vais très bien ! » Il savait qu’il faisait allusion à sa cicatrice, ce qu’il avait vu. -« Bon dans ce cas ! » Ryo pivota. « Allons-y ! » Les trois samouraïs quittèrent la forteresse et s’enfoncèrent dans la forêt. Ils marchèrent longuement en silence à travers l’obscurité. Où allaient-ils ? Ichida l’ignorait, mais se dirigeait inexorablement vers le Nord. Ils quittèrent la profonde forêt et s’enfoncèrent dans la campagne. Ils se déplaçaient en faisant le moins de bruit possible et l’oreille aux aguets. La tension parmi eux était palpable, prêts à dégainer au moindre bruit suspect. C’est enfin après une vingtaine de minutes de marche, contournant des bosquets qu’ils aperçurent un village perdu au milieu de la vallée. Ichida souleva un sourcil étonné, ce n’était qu’un village rural, un village de paysans, pourquoi venir ici ? -« Je ne comprends pas… » Commença- t-il se tournant vers Ryo. Enji qui les accompagnait semblait partager l’étonnement du jeune samouraï. -« Ce n’est qu’un village de paysans, que vient-on faire ici ? » Mais Ryo semblait ne pas en savoir plus qu’eux. Une vive surprise s’afficha sur son visage, tandis qu’il balayait du regard le village. Soudain ils entendirent des pas précipités et des silhouettes surgirent de derrières les fourrés. Les trois samouraïs dégainèrent leur sabre, une dizaine d’hommes tombèrent sur eux. Un éclair zébra le ciel et le tonnerre fit un long grondement sourd tandis qu’Ichida enfonça la lame brillante de son katana dans l’abdomen d’un des hommes. De grosses gouttes commencèrent à tomber sur le sol, se mêlant à la terre et au sang. La pluie s’accentua, devenant rapidement un vrai déluge, l’orage déchaînait sa colère au-dessus d’eux. La visibilité s’en trouva considérablement réduite, les trois dragons noirs eurent bien du mal à affronter ces silhouettes fantomatiques sous ce rideau de pluie. Les lames des katanas s’enfonçaient dans la chair des hommes, elles se teintèrent de sang. -« QUI ETES-VOUS ? » Hurla Ichida malgré la pluie et le tonnerre à l’un des hommes devant lui. Mais l’homme au lieu de répondre chargea avec un cri le jeune samouraï. Ichida décolla ses pieds de la boue collante et esquiva l’attaque d’un bond, créant une ouverture pour lui. L’homme plongea devant lui, Ichida n’hésita pas, il abattit son katana. Il l’enfonça dans le dos, le sang jaillit, l’homme tituba et s’effondra dans la boue. C’est alors qu’un éclair éclaira un instant le corps de cet homme. Ichida écarquilla les yeux d’horreur. Cet homme n’était pas un samouraï… c’était un simple paysan armé d’une faux. « Qu’est -ce que cela veut dire ? » S’exclama vivement Ichida se tournant vers ses deux camarades. « CE NE SONT PAS DES GUERRIERS ! » Hurla -t-il à leur attention. Ryo venait d’en tuer un, tourna la tête vers lui. -« QUOI ? » -« CE SONT QUE DES CIVILS ! » Ichida courut alors vers le village. Il comprit ce qui se passait. Alors qu’il n’était qu’à quelques mètres des premières habitations Un homme fonça sur Ichida, un autre paysan. -« CESSEZ CE COMBAT !!!! » Hurla- t-il à son attention. Il évita de justesse. « S’IL VOUS PLAIT !!! » Il évita encore une nouvelle attaque, refusant d’utiliser son katana contre lui. Mais l’homme semblait déchaîné, et attaqua une troisième fois, Ichida repoussa la fourche d’un coup de sabre et recula vivement. _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mer 21 Déc à 14:16 | |
| « CESSEZ CE COMBAT JE VOUS EN CONJURE ! » -« ESPECE DE CHIENS !!! » Hurla l’homme en se ruant avec l’énergie du désespoir. Ichida para le coup, le choc fut violent, il sentit ses pieds s’enfoncer et glisser dans la boue collante. C’est alors que des cris détournèrent un instant son attention. Il tourna la tête et …son regard s’agrandit d’horreur… sous ses yeux… un massacre. Haru et plusieurs hommes de la milice massacraient le village. Sans pitié… hommes, vieillards, femmes et enfants…Peu importe leur cris leurs supplications, ils tuaient. Il vit le visage d’Haru, défiguré par un rictus sanguinaire. L’homme qu’il affrontait profita de l’inattention du jeune samouraï, les dents de sa fourche s’enfoncèrent dans la chair. Ichida sentit ses genoux ployer sous la douleur, il s’écroula à genoux dans la boue et porta une main à son ventre. L’homme devant lui leva haut son arme improvisée près à donner le coup de grâce au jeune homme. Un katana le transperça, l’homme écarquilla les yeux, un filet de sang coula de sa bouche, il vacilla, lâcha sa fourche et s’écroula à côté du jeune samouraï blessé. Ichida leva son regard et malgré la pluie reconnu Ryo. Ce dernier se pencha vers lui. -« Est-ce que ça va ? » Le jeune homme hocha lentement la tête. Ryo aperçu la blessure. « Tu penses pouvoir te relever ? » Nouveau hochement de tête du jeune samouraï. Il prit appui sur son sabre planté dans la boue et malgré la souffrance se hissa sur ses jambes. -« Ce…ce sont que des civils… Pourquoi ? » Murmura -t-il. Ryo se tourna vers le village et contempla d’un air sombre et tourmenté la scène sanglante qui se déroulait. « Ryo-san ? Nous devons arrêtez ça ! » Insista Ichida. « A quoi bon tuer des paysans ? » Il voyait dans l’expression du dragon noir qu’il se livrait un grand combat intérieur. Il vit ses doigts serrer le manche de son sabre. -« Nous…avons eu des ordres… » Murmura- t-il d’un ton sombre. Ichida fronça les sourcils, ses prunelles sombres s’animèrent d’une vive colère. Puis brusquement malgré la douleur, il décolla la lame de son sabre de la boue et tituba vers le village. L’eau glacée lui brouillait la vue, la souffrance ralentissait ses mouvements, mais peu importe… « ICHIDA !!! » Une main lui saisit le bras, ce geste brusque, fit vaciller le peu de forces qu’il restait dans les jambes du jeune samouraï, il s’écroula à genoux en poussant un cri de souffrance. « C’est du suicide de vouloir t’opposer au ordre ! » Cria avec colère Ryo. « ET TU PENSES VRAIMENT DANS TON ETAT POUVOIR FAIRE QUELQUE CHOSE ? » Ichida demeurait prostré dans la boue. Finalement Ryo se pencha et avec précaution le souleva, il passa son bras autour de son épaule et le remit sur pied. Le jeune homme étouffa un gémissement de douleur. « Tu n’es même plus capable de tenir debout ! » Il jeta un regard autour de lui. « Rester ici serait dangereux ! » Il emmena le jeune blessé à l’écart de la folie qui s’était emparé de ce village. Ryo aperçu une habitation isolée et poussa la porte avec force. Le katana en avant tout en soutenant le jeune samouraï il franchit lentement le seuil…mais personne. Plus détendu il emmena Ichida vers le fond de la pièce et avec précaution l’aida à s’asseoir. Le sang ne cessait de couler entre ses doigts, mais la souffrance n’était rien en comparaison des hurlements qu’il entendait. Malgré le fracas du tonnerre et la pluie, il pouvait entendre résonner les cris… « Tu restes ici !» Ordonna Ryo avant de sortir et il se rua dans la nuit. Ichida le visage baissé, comprimant avec sa main l’hémorragie de sa blessure, ferma les yeux. -« Ichida-Kun…. Ichida-Kun… » Son visage frémit légèrement. « Ichida-kun… » Il ouvrit les yeux… La pièce était différente, cette pièce était… Il leva son regard au-dessus de lui… l’éclat d’un sabre… son regard… et… le sang…Le jeune samouraï ouvrit les yeux brusquement...son regard complètement perdu scrutant la pièce inconnue. Le fracas du tonnerre le ramena brutalement à la réalité, comme s’il venait de mettre la tête hors d’une eau tranquille et affrontait une puissante tempête. La douleur de sa blessure lui rappela cruellement ce qu’il faisait là et les circonstances. Il tenta de bouger, la souffrance lui arracha un cri, il serra les dents et lentement, prit appui sur son sabre et se hissa. Le sang coula plus vite entre ses doigts, il leva ses prunelles vers la porte en face. Combien de temps il était resté évanoui là ? Lentement il avança, chaque pas lui procurant une vive douleur, un effort surhumain. Malgré l’ordre de Ryo, malgré sa blessure, il s’approchait de la porte, sa main rencontra le bois rugueux. Il appuya son visage contre elle et reprit son souffle, une pause salutaire. Il l’ouvrit, le vent et la pluie vinrent fouetter son visage, il s’accrocha au mur et sonda les ténèbres. Des éclairs aveuglants, déversant une lumière crue ne lui permettant de voir que quelques vagues formes indistinctes. Il franchit le seuil, planta son sabre dans le sol boueux et s’aidant ainsi pour avancer. Dans le tumulte de l’orage il entendit des cris, il tourna la tête, tenta de nouveau de percer le rideau de pluie. Malgré le froid glacial et la douleur, il suivit la direction de ces hurlements. Ses pas glissaient dans la boue, il manqua plusieurs fois de tomber. Les cris, les bruits de sabres se firent plus nets, il se rapprochait du cœur du massacre. Un autre éclair illumina un instant la nuit, Ichida distingua des silhouettes. Soudain une forme lui tomba dessus, lui donnant un violent coup dans le visage, il étouffa un cri et se retrouva à terre. Il tenta de voir l’homme qui l’avait attaqué, mais de la boue lui brouillait la vision. Il crut voir l’éclat d’une lame, d’un mouvement de désespoir, il pivota sur lui-même, évitant de peu une pique métallique qui se planta dans le sol à quelques centimètres de son dos. -« Je…suis…désolé… »Murmura- t-il, il serrant les dents. Dans un geste circulaire il fendit l’air avec son katana, venant faucher ainsi les jambes de son adversaire. L’homme poussa un cri de douleur, Ichida ferma un instant les yeux, « Pardon… » Il tenta de se redresser, se retrouva sur les genoux à côté d’un homme démembré. « Pardon…pour tout… » Ichida rampa et leva son sabre, plongea un instant son regard dans celui de sa victime, un simple paysans affolé de souffrances. Puis d’un geste il les abrégea, transperçant la gorge de l’homme. Ichida demeura un moment ainsi, son sabre enfoncé dans le corps inerte de ce pauvre homme. Il fixa ses yeux maintenant vides de souffrance, puis lentement il retira son katana, s’y appuya et tenta une nouvelle fois de se mettre debout. Il tituba, continua son chemin vers le cœur du village, il distingua des dragons noirs, des paysans luttant, Haru tranchant la tête d’un homme à terre. Il lui fallait…lui fallait absolument… arrêter…ce…massacre… Mais ses jambes cédèrent, à bout de force. Ichida n’arriva même plus à se raccrocher à son sabre et s’étala au sol. Son regard s’attarda un instant sur la scène sanglante, puis lentement…sa vue se brouilla…il ferma les yeux… un éclair zébra le ciel et le tonnerre émit un long grondement sourd alors que le sang se mêlait doucement à la boue. La pluie sembla se calmer imperceptiblement, dans le village plus un cri. Haru le visage couvert de boue et de sang balaya de son regard brillant le village jonché de corps ensanglantés. Il se tourna vers ses hommes. -« Faites le tour du village et s’il y a des survivants tuer les ! » Ordonna- t-il. Ichida sentit une main le toucher, quelqu’un le retournait, il ouvrit les yeux, il ne pleuvait plus, il n’y avait plus de cris et au-dessus de lui…le visage de Ryo. -« Je t’avais dis de rester tranquille ! » S’exclama Ryo. « T’es vraiment un sale morveux buté ! » Il jeta un coup d’œil à la blessure. Il avait réussi à se mouvoir jusqu’ici malgré une telle blessure, décidément ce gamin était une force de la nature et d’une grande ténacité. -« Est…ce fini ? » Ryo sonda le visage d’Ichida et hocha lentement la tête. -« Ils ont tous…été tués. » Le jeune garçon fit un geste pour se redresser, Ryo d’une main tenta de l’en dissuader. -« Tu devrais rester tranquille bon sang ! » Mais Ichida n’était pas du genre raisonnable et repoussa cette main. Il s’appuya sur son sabre et se hissa. A ce moment Haru et quelques-uns de ses hommes s’avancèrent. Un étrange sourire apparut sur ses lèvres fines. -« La nouvelle recrue est dans un bien pitoyable état ! » S’exclama- t-il ironique. Ichida s’appuyant contre son sabre, leva ses prunelles vers lui, au fond de son regard sombre apparut une lueur de colère -« Pourquoi…avoir…massacré…ce …village ? »Demanda- t-il avec difficulté et d’une voix chargée de colère. Le prince jaugea le jeune samouraï et afficha un large sourire. -« C’étaient des rebelles. Il fallait les éradiquer. » Son sourire s’élargit. « Comme la mauvaise graine qu’ils étaient. » Ichida lança un regard assassin au jeune prince, ce qui amusa beaucoup ce dernier. « Evitez ce genre d’attitude ! » Conseilla -t-il avec une jouissance visible. « N’oubliez pas que vous êtes le pantin de mon père. » Et il éclata de rire. « Un pantin qui doit obéir qu’importe la mission. » Un sourire cruel s’afficha. Ichida fronça davantage les sourcils, il eut un mouvement en avant pour foncer sur lui et peut- être le transpercer avec son katana, mais une main se posa sur son épaule. -« Reste tranquille. » Conseilla doucement Ryo. Le fils du seigneur eut un nouvel éclat de rire. Mais son rire fut troublé par un cri et des pleurs, une petite fille surgit, elle courait poursuivit par deux hommes de la milice. Mais ils étaient plus rapide et l’attrapèrent, la petite fille se mit à hurler. -« Tiens ! Tiens ! Une survivante ! » Il s’approcha de la petite fille terrorisée. Il se pencha vers elle et d’une main saisit son menton. « Quelle petite chose ! » Puis son regard se tourna vers Ichida, Ichida qui fixait la fillette. Haru se redressa et observa le jeune samouraï avec un nouveau sourire cruel. « Pauvre fillette ! Elle est certainement orpheline maintenant. Sa souffrance doit être bien cruelle. » Le jeune samouraï leva son regard vers le prince. « Une vie brisée en une nuit, tout cela parce que ses parents ont été bien sots de s’opposer à mon père. C’est si… » Il baissa son regard sur la fillette. « Ironique… N’est-ce pas. » Il s’écarta de la fillette et s’approcha d’Ichida. « Je vais te donner une autre mission…le pantin de mon père… » Il se pencha vers le jeune homme. « Tue cette fillette ! » Ordonna- t-il dans un murmure. Le regard du samouraï s’agrandit d’horreur. « Tue-la ! C’est ta nouvelle mission ! Tue-la où sinon… » Ichida affronta le regard du prince. « Où sinon je demande à mon père de tuer la fille qui t’accompagnait. » Il s’écarta et s’amusa follement de la réaction du jeune samouraï. Ryo qui suivait la scène était tout aussi horrifié. « ALORS ? L’ASSASSIN AU CERISIER ! FAIS CE QU’ON T’ORDONNE ! » Hurla Haru qui commençait à perdre patience. « TUE CETTE FILLETTE ! » Ichida d’un geste lent arracha la lame du katana de la boue, lentement il fit un pas en avant… Il avançait vers la fillette, son corps ployant, il avançait le regard fixé sur cette petite fille en larmes, il avançait et s’arrêta devant elle. Elle leva son regard inondé de larmes, Ichida demeura immobile. « TUE LA SINON JE TUE L’ETRANGERE ! » Lentement Ichida leva son sabre, la douleur physique, la douleur morale, il serra les dents. Le désespoir traversa ses prunelles sombres. -« …Pardonne-moi… » Murmura- t-il à la petite fille puis il abaissa vivement son katana sur elle. Un bruit horrible... l’odeur du sang…Ichida ferma les yeux… il s’écroula à genoux face à ce petit corps ensanglanté… des larmes se mêlèrent au sang qui lentement s’écoulait sur le sol boueux. Le rire d’Haru éclata dans la nuit froide. -« Sois heureux pantin ! Tu viens de sauver l’étrangère en échange d’une petite vie. » Son rire s’éleva encore. « Je ferai part de ta bonne volonté à mon père, je suis sûr qu’il sera ravi de l’entendre. » Puis il tourna les talons et quitta le village avec ses hommes. Ryo fut le seul à rester avec Ichida toujours prostré devant la fillette qu’il avait dû assassiner de ses propres mains. Après quelques minutes d’hésitation, Ryo s’avança vers lui. Ichida les épaules voûtées, ses longs cheveux noirs tombant devant son visage, pleurait silencieusement, sans un bruit, une main serrant toujours son katana ensanglanté et l’autre sur sa blessure. -« Ne restons pas là ! » Murmura Ryo impressionné face au désespoir du jeune homme. Ichida demeura sans réaction. Finalement en douceur il le souleva, Ichida ne protesta pas, il semblait complètement amorphe. Ryo le débarrassa de son katana qu’il accrocha à sa ceinture, puis glissa son bras sous celui du jeune homme. Il jeta un regard à sa vilaine blessure, il saignait beaucoup et il y avait un long chemin à faire, allait-il être capable de marcher jusqu’à la forteresse dans cet état ? -« Ryo-san ! » Il tourna la tête, Enji s’approcha. -« Tu tombes bien ! Je vais avoir besoin de ton aide ! » Enji posa un regard étonné sur Ichida. « Dépêche-toi ! » Grogna Ryo. Enji se plaça vivement de l’autre côté du jeune samouraï et aida Ryo à soutenir le blessé. Puis ainsi ils reprirent la route vers la forteresse des dragons noirs. Quittant enfin ce village où maintenant planait la mort. « Accroche- toi l’morveux. » Songea Ryo. « T’as pas intérêt à mourir maintenant. » _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Mer 21 Déc à 14:18 | |
| Alicia agenouillée au milieu de la chambre du jeune samouraï, attendait son retour. Elle avait vu l’orage se déchaîner et maintenant contemplait un ciel étoilé, le vent et la pluie l’avait lavé de tout nuage. C’était une nuit magnifique mais bien plus froide. Elle rajusta la couverture sur ses épaules. Elle s’inquiétait, la nuit était bien avancée et Ichida n’était toujours pas revenu. Elle se leva, s’approcha de la fenêtre, contempla le village. Elle sentait son cœur si angoissé à l’idée qu’elle ne le reverrait peut -être plus. Elle secoua la tête. -« Non ! Non ! Faut croire en lui ! Il doit revenir ! »Songea -t-elle. Mais elle ne pu calmer son angoisse. N’y tenant plus, elle quitta la chambre et décida d’attendre dehors. Elle descendit les escaliers bien qu’il fût assez tard, plusieurs samouraïs étaient encore debout. Ils attendaient le retour de la milice, ils se tenaient toujours près lors de mission, au cas où il faudrait du renfort. Alicia jeta un coup d’œil en passant devant la salle de détente. Ils avaient tous leur katana accrocher à leur ceinture, sur le pied de guerre. Mais ils ne semblaient aucunement tendus, discutant, plaisantant et riant même. Alicia détourna la tête et s’approcha de la porte, elle avança la main mais… celle-ci s’ouvrit brusquement et Alicia ne pu étouffr un cri de surprise et d’horreur. Son cri ameuta les autres samouraïs qui se ruèrent hors de la salle. Ils s’immobilisèrent en voyant, la jeune fille livide et devant elle Ryo et Enji couverts de boue et de sang soutenant Ichida. Kyojiro fendit la foule de samouraïs amassés autour et s’avança. -« Que s’est-il passéé ? » Questionna -t-il en prêtant main forte aux deux samouraïs pour soutenir Ichida. -« Nous avons dû… Tuer des civils. » Marmonna un Ryo aussi livide qu’Ichida. -« Comment ? » Le capitaine posa son regard sur lui. -« Tout un village ! » Kyojiro fronça les sourcils. -« Avant tout portons Ichida-sans dans sa chambre... » Il se tourna vers Alicia. « Allez vite voir Maori-san qu’elle réveille le médecin. » La jeune fille leva un regard angoissé. « Allez-y ! Nous nous chargeons de lui. » La rassura- t-il doucement. Ses douces paroles firent sortir Alicia de son état de stupeur. Elle hocha la tête et se rua dehors. Kyojiro aida Ryo et Enji à transporter Ichida dans sa chambre et l’allonger sur le futon. En attendant le médecin ils dénouèrent son kimono. La blessure semblait profonde et saignait toujours abondement. Le médecin arriva enfin, c’était un vieil homme au crâne dégarni et aussi lisse qu’une coquille d’œuf. Alicia devant la porte attendait avec angoisse la fin des soins. Elle entendit en bas le brouhaha des autres samouraïs, mais elle était trop inquiète pour prêter attention à leurs commentaires. Finalement la porte coulissa, le médecin et les deux samouraïs sortirent. Le vieil homme essuya la sueur de son front avec un linge propre et se tourna vers le capitaine. -« Il faut qu’il se repose ! Il ne doit pas se lever avant plusieurs jours. Sinon la blessure pourrait se rouvrir et on risquerait alors une infection. » -« Nous y veillerons ! » Promit Kyojiro avec un sourire rassurant. Le médecin s’inclina et quitta le pavillon. Alicia se tourna alors vers le capitaine. -« Comment il va ? » Le samouraï esquissa un petit sourire rassurant. -« Il est plutôt tenace. » Puis il posa une main sur l’épaule de la jeune fille. « Il s’en sortira ! » Alicia sentit alors son angoisse moins lourde. Kyojiro jeta un regard vers la chambre. « Il doit maintenant bien se reposer. » Puis refit face à la jeune fille. « Il dort actuellement, mais je pense qu’il sera content d’avoir un visage familier à son réveil. » Il sourit doucement. Alicia hocha la tête et entra dans la chambre. Kyojiro une fois seul à seul avec Ryo se tourna vers ce dernier et son sourire doucement s’effaça. « Tu va me raconter plus en détails tout ce qui c’est passé durant cette mission. » Il jeta un regard vers la porte de la chambre. « Inutile qu’elle entende ça. » Ryo hocha la tête et suivit le capitaine dans une des salles au rez-de-chaussée pour continuer leur discussion à l’abri des oreilles indiscrètes. Alicia était agenouillée à côté du futon et contemplait avec inquiétude le visage si pâle du jeune samouraï. Un visage lavé de toute trace de boue et de sang séchés. On lui avait même changé de vêtements, il portait un kimono blanc. Le noir détrempé, couvert de boue et déchiré reposait dans un coin de la chambre. Elle le regardait dormir, sa respiration lente et profonde lui apportait un certain réconfort, au moins il était vivant, c’était tout ce qui comptait. Elle jeta un regard vers le katana qui reposait à côté du kimono noir trempé. Elle tendit la main et saisit le fourreau souillé de boue. Lentement elle dégaina la lame, elle ne brillait plus, elle était aussi sale que le fourreau, de la boue … et sûrement… elle frissonna à cette idée… du sang séché. Pendant ce temps, Ryo venait de terminer son récit au capitaine. Celui-ci demeura un long moment silencieux. -« J’ignorais vraiment qu’une telle mission était envisagée. » S’exclama- t-il avec gravité. « Tuer des civils… Ce n’est pas un acte honorable. » -« Et en ce qui concerne le gamin ? » -« Pour l’instant il doit se remettre mais… » Il ne finit pas sa phrase. Ryo secoua la tête de dépit. -« De ma vie… Je n’ai jamais assisté à une telle mission aussi horrible. » Il serra les poings. -« Ryo ? » Le samouraï leva son regard vers le capitaine. -« Garde un œil discret sur Ichida-san. » -« Pourquoi ? Tu penses qu’il pourrait lui arriver quelque chose ? » Kyojiro secoua lentement la tête. -« A son réveil il va souffrir d’un grand déséquilibre intérieur… Qui sait ce que peut faire un cœur meurtri ? » -« Un désir de vengeance ? » -« Je garderai de mon côté un œil sur Haru-san. » Ryo hocha la tête. -« Il serait plus prudent en effet. » Puis après une courte pause. « Et en ce qui concerne l’étrangère ? Doit-on l’informer ? » Le capitaine glissa ses mains dans les manches de son kimono. -« Non ! Ce n’est pas à nous de le faire, mais à Ichida-san lui-même. » Il leva son regard vers le ciel nocturne. « Pour elle ce sera mieux… de sa voix et avec ses mots. » (A suivre  chapitre 5) _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 30 Déc à 20:56 | |
| Chapitre 5 : Un cœur souillé -« Attends moi Ichida-kun ! Tu marches trop vite ! » Se plaignit une petite fille aux long cheveux noirs. Ichida jeune garçonnet se retourna. -« Tu n’aurais jamais dû me suivre ! Ce n’est pas un endroit pour des filles. » La petite fille s’arrêta et lui lança un regard boudeur. -« T’es méchant avec moi ! » Se plaignit-elle. Le garçon haussa les épaules. -« Je ne comprendrais jamais les filles. » Il jeta un regard vers le soleil couchant. « Et puis si on rentre pas avant la nuit, on va se faire disputer. » Il se tourna de nouveau vers la fillette et fut surpris de la voir assise par terre. « Mais ? Qu’est ce que tu fabriques ? » Elle leva ses yeux embués de larmes. -« Ichida-kun ? C’est terrible ! » Elle renifla bruyamment. Inquiet le garçonnet s’avança vers elle. -« Qu’est ce qui se passe ? Tu es malade ? Tu as mal quelque part ? » -« Ichida-kun ! » Elle renifla de plus belle. Il se pencha encore plus inquiet. « TU ME DETESTES MAINTENANT !!!! OUINNNNNNNNNNN !!!! » Elle fondit en larme. Ichida demeura stupéfait, puis soupira. -« Mais non je te déteste pas. » La petite fille leva ses yeux pleins de larmes. -« C’est vrai ? » Hoqueta- t-elle. -« Bien sûr ! » Confirma- t-il avec un petit sourire. -« Sûr de s ûr ? » Curieusement la fillette ne pleurait presque plus. Il hocha la tête. La petite fille le fixa un moment puis… -« ICHIDA-KUN !!! » se jeta à son cou. « QUAND JE SERAI GRANDE JE SERAI TA FEMME !!! » -« Hééééé ! Mais !!!! » Ses joues rougirent. « Doucement Maoh-chan !!! » Elle se décrocha de son cou, au grand soulagement du garçon qui se massa la nuque. -« Ichida-kun ? » -« oui ? » -« Tu peux me porter sur ton dos ? » Elle fit un sourire candide. Ichida fronça les sourcils. -« Sûrement pas ! Tu marches ! » De nouveau les yeux de la fillette s’emplirent de larmes. « Ho ! Non ! Pas ça ! Je t’en prie Maoh-chan ! » -« OUINNNNNNNNNNN !!!! T’ES SI MECHANT ICHIDA-KUNNNNN !!! » -« Bon ! Bon très bien monte ! » Et il présenta son dos. Et comme par miracle les pleurs de la fillette cessèrent. -« Merci ! Ichida-kun ! » Elle noua ses bras autour de son cou. Ichida glissa ses mains sous ses genoux et la souleva sur son dos. -« Oui… c’est ça ! Je me suis bien fait avoir surtout ! » Et il transporta la fillette sur son dos.
Il s’arrêta devant la maison de la petite Maoh, qui se laissa aussitôt glisser de son dos. -« Bonsoir Ichida-kun. » Remercia la fillette avec un grand sourire. -« Bonsoir ! » Il tourna les talons et fit quelques pas. -« Ichida-kun ? » Il se retourna, la fillette se tenait au bord du petit chemin et le regardait avec un air soudain si triste. -« Qu’est ce qu’il y a ? » S’étonna- t-il. -« Ichida-kun ? Pourquoi ? Tu… m’as tuée ? » Soudain du sang coula lentement sur son visage. Le garçon recula de quelques pas. « Pourquoi m’avoir tuée ? » Le visage de Maoh changea, elle prit les traits de la fillette, ce regard implorant, le sang coulant sur son visage, sur son corps, sur ses mains et son regard vitreux. « Pourquoi ? M’avoir tuée ? » Ichida tenta de s’enfuir mais ses pieds demeurèrent comme attachés au sol tandis que la fillette ensanglantée s’avançait. Il réalisa alors qu’il n’était plus sur le petit chemin mais dans une pièce sombre, il leva un regard vers la silhouette penchée, une silhouette sombre brandissant un katana et soudain la lame s’abaissa et…Ichida se réveilla dans un cri d’effroi… Haltant et tremblant il balaya du regard la pièce... Il tenta de se redresser, une douleur vive lui transperça le ventre, il avorta sa tentative et porta sa main au ventre, il sentit un épais bandage. C’est alors que… Son regard s’agrandit… Il chercha des yeux son katana, il reposait contre le mur, il était propre, quelqu’un l’avait nettoyé… l’avait débarrassé de la boue et du…sang… Il se souvint de tout … Il avait tué des hommes … des hommes qui ne faisaient que défendre leur famille… et… cette fillette… de ses propres mains… Il leva lentement sa main et la fixa longuement. Brusquement il sentit une vague de désespoir envahir son être. Il porta la main à son visage… et se mordit les lèvres… Comment avait-il pu ?... faire… ça ?... C’est dans cette attitude désemparée qu’Alicia le trouva quand elle entra dans la chambre. -« Ichida-san ? » elle était partagée entre la joie de le voir réveillé et l’inquiétude de le voir ainsi. Elle s’agenouilla à ses côtés. « Ichida-san ? Vous souffrez ? C’est votre blessure ? » Le jeune samouraï retira sa main et contempla un moment le visage de la jeune fille penchée vers lui. -« Je… » Il frissonna. « J’ai… » Il leva un regard perdu vers elle, un regard de détresse. « Alicia-san j’ai… J’ai… » Ses mots n’arrivaient pas à franchir ses lèvres. Ses yeux si désemparés, cette détresse, cette horreur qu’elle pouvait y lire, inconsciemment Alicia se doutait qu’il s’était passé quelque chose d’épouvantable là-bas. Mais elle ne réfléchit pas et brusquement elle se pencha, elle enlaça doucement son cou de ses bras et appuya sa joue contre la sienne. -« Chuuuut !!! Ne vous agitez pas ! » Murmura- t-elle doucement à son oreille. « S’il vous plaît… Ne dites rien… » Ichida frissonnait d’horreur mais les bras de la jeune fille semblaient apaiser quelque peu ses tremblements. Tout doucement elle se redressa et offrit un visage doux et souriant au jeune samouraï. « Ne tentez pas de me le dire… si cela vous fait autant souffrir… » Lui conseilla- t-elle doucement. Elle sentit son cœur se serrer d’avantage en voyant son visage si tourmenté. « Reposez-vous ! C’est le plus important pour l’instant.» Elle se leva et alla chercher une couverture supplémentaire qu’elle déposa sur lui. Il ferma les yeux et sembla disposé à ne plus s’agiter, il s’endormit de nouveau au bout d’un moment. « Ichida-san. ? Qu’est ce qui a bien pu arriver là-bas pour que vous soyez autant bouleversé ? » Songea- t-elle tristement. Pendant ce temps, Kyojiro se préparait à quitter le pavillon. -« Kyojiro-san ? » Il se retourna c’était Ryo. -« Bonjour Ryo-san ! » Salua- t-il avec un sourire. -« Vous allez voir le seigneur Natsuki ? » -« Oui ! Effectivement ! » -« Une nouvelle mission en préparation ? » Le capitaine serra l’attache de son sabre à sa ceinture. -« Je l’ignore ! Bien possible. » Ryo fronça les sourcils et leva son regard vers le haut de l’escalier. Kyojiro fit de même. « Je verrai bien ! » Leurs regards se croisèrent de nouveau et le capitaine fit un sourire confiant. « J’y vais ! » Il tourna les talons et quitta le pavillon. Il prit la direction de la demeure du seigneur, quand il arriva devant l’imposant pavillon, il fut accueilli par une des domestiques. -« Bienvenue Kyojiro-san ! » Salua- t-elle en s’inclinant. « Le seigneur vous attends ! » -« Merci ! » Il se déchaussa et entra. La domestique le mena vers le bureau du seigneur. Elle ouvrit la porte et annonça l’arrivée du capitaine, puis se retira discrètement. Kyojiro franchit le seuil, Natsuki était agenouillé devant la petite table, consultant divers documents. Mais au grand étonnement du capitaine, au fond de la pièce assis près de la fenêtre se trouvait le prince Haru. Il tenait entre ses mains son sabre et nettoyait avec un linge propre la lame. Il leva son regard vers le nouveau venu et afficha un sourire moqueur. -« Bonjour Kyojiro-san ! » Salua- t-il d’un ton amusé. Le capitaine s’inclina. -« Bonjour Haru-san ! Bonjour seigneur Natsuki ! » Le seigneur reposa sa pile de papier et invita d’un geste le capitaine à s’asseoir. Kyojiro s’exécuta et s’agenouilla en face de lui. -« Voulez-vous une tasse de thé ? » Proposa Natsuki. -« Avec plaisir Natsuki-sama ! » Il s’inclina de nouveau. Le seigneur saisit une clochette et l’agita, aussitôt la porte coulissa et une domestique s’inclina. -« Faites servir du thé ! » Ordonna -t-il. L’employée s’inclina de nouveau et sortit. -« Kyojiro-san ? » Appela doucement le prince. Le capitaine tourna son regard vers lui. -« Comment se porte la nouvelle recrue ? » Demanda- t-il d’un ton doucereux. -« Il se repose ! » Haru leva un instant son nez de sa besogne et souleva un sourcil étonné. -« Il est donc encore vivant ? » Kyojiro réprima avec peine un froncement de sourcils et hocha lentement la tête. « Pour un assassin je le trouve bien trop émotif. » Haru éclata de rire. « Faire toute une histoire pour une vie si insignifiante ! » -« Haru ! » Coupa le père. Le prince se tut et reprit son activité. La domestique entra avec un plateau chargé et fit le service. Kyojiro jeta un discret regard à Haru. -« Un être complètement dépourvu de compassion. » Songea- t-il. Ichida s’éveilla moins brusquement que la première fois, il ouvrit les yeux. -« Vous vous sentez mieux ? » Demanda aussitôt une voix douce à ses côtés. Il tourna lentement la tête, Alicia était là souriante. -« Je…Oui ! » Prononça- t-il. -« Vous avez peut être faim ! » Elle se redressa. Mais la main du jeune samouraï attrapa son poignet. Elle jeta un regard étonné vers lui. Lentement il secoua négativement la tête. -« Inutile… Je n’ai pas faim. » Murmura- t-il, puis il laissa retomber sa main et détourna les yeux. « …vraiment… » La jeune fille s’agenouilla de nouveau. -« Mais il faut manger un peu ! » S’inquiéta- t-elle. « Pour reprendre des forces. » Elle sonda ce profil renfermé. « Ichida-san ? » Mais il refusa de répondre, il ferma les yeux et se mura dans son silence. Elle se sentit à ce moment tout à fait impuissante. Elle quitta quelques heures plus tard le chevet du jeune samouraï. Il ne s’était pas montré plus coopératif. Elle descendit l’escalier et se retrouva face à face avec Kyojiro le capitaine. Il était de retour de son entretien avec le seigneur Natsuki et il était en train d’en parler à Ryo. Les deux samouraïs posèrent leur regard sur elle. Alicia s’inclina doucement. -« Bonjour Alicia-san, n’est ce pas ? » -« Oui ! » Elle inclina de nouveau la tête. -« Comment va votre jeune malade ? » S’enquit-il avec douceur. La jeune fille demeura un moment la tête baissée. Le capitaine et Ryo échangèrent un long regard. « Il s’est réveillé ? » Kyojiro s’avança un peu vers elle. Alicia hocha lentement la tête. « Il vous à parlé un peu ? » le capitaine s’arrêta à sa hauteur. La jeune fille leva enfin les yeux. -« Je… » Puis soudain fit face à Ryo. « S’il vous plaît ! Vous étiez avec lui ! Je voudrais savoir ce qui s’est passé ! Dites-moi je vous en prie ce qui le perturbe autant ! Pourquoi est-il si désemparé ? » Elle s’avança vers Ryo les yeux implorants. Ryo était à la fois étonné et embarrassé. Mais heureusement le capitaine le tira de cette délicate situation. -« Laissez à Ichida-san un peu de temps pour se remettre. » -« Mais…je… » -« Il se confiera alors à vous, vous serez la première à qui il aura envie d’en parler, j’en suis persuadé. » Finalement les propos du capitaine calmèrent un peu la jeune fille. « Soyez patiente ! Laissez-lui du temps. » Il sourit. Alicia hocha lentement la tête. Elle fit de son mieux auprès de son patien t durant la journée et celle qui suivit. S’occupant de lui, changeant son bandage. Mais le jeune samouraï n’avait aucun appétit et surtout demeurait toujours amorphe et silencieux. _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 30 Déc à 21:03 | |
| Au matin du troisième jour après cette terrible mission, quand elle entra dans sa chambre, elle le trouva hors du lit et assis par terre près de la fenêtre, fixant le ciel et le regard dans le vague. -« Ichida-san ? Il ne faut surtout pas vous lever si tôt ! » S’exclama -t-elle vivement. Elle s’approcha et s’agenouilla près de lui sondant son profil. Il ne réagit même pas. « Ichida ? » Toujours rien. Elle jeta un regard vers le plateau posé sur la petite table, son petit déjeuner demeurait intact. Des larmes brûlantes envahirent ses yeux. « Pourquoi… ? » Elle essuya de sa main les gouttes qui coulaient le long de ses joues. Ses larmes tombèrent silencieusement sur le sol. « POURQUOI ICHIDA ? » Hurla- t-elle en pleurant. Puis elle sanglota à ses côtés, à côté d’un samouraï qui semblait ne plus vouloir lutter. Quand elle quitta la chambre, elle avait encore les yeux rougis par ses pleurs. Elle jeta un regard vers la porte, puis le cœur lourd elle descendit l’escalier. Elle traversa le long couloir et sortit par la porte arrière du pavillon. Elle s’arrêta près de la fontaine et puisa de l’eau. Elle s’aspergea longuement le visage, mais plus elle s’aspergeait plus l’envie de pleurer reprenait et des larmes coulaient toujours sur ses joues. Finalement lasse elle s’assit sur le rebord de pierre et ne chercha même plus à les retenir. Un bruit de pas lui fit lever la tête, Ryo se tenait à quelques mètres et la fixait avec étonnement. -« Pourquoi pleurez-vous ? » Il s’avança et se planta devant elle. Alicia s’essuya les yeux avec sa main. -« Ichida-san…Il refuse de manger depuis trois jours… Il parle plus…Il réagit plus… J’ai peur qu’il ne veuille plus vivre… » Le regard du samouraï s’agrandit de stupeur. « Je ne sais plus quoi faire… » Ryo fronça les sourcils, puis brusquement entra dans le pavillon et monta à l’étage. Il fonça vers la porte de la chambre d’Ichida et l’ouvrit avec vigueur. Son regard se posa directement sur le jeune samouraï amorphe et traversa d’un pas rapide la chambre. Il se laissa pratiquement tomber à genoux devant lui. -« Hé ! Gamin ! » Appela- t-il avec vigueur. Aucune réaction. Ryo sentit la moutarde lui monter au nez, aussi brusquement il saisit le col du fin kimono blanc et le secoua. « MAINTENANT CA SUFFIT ! » Hurla- t-il. « TU VA TE SECOUER UN PEU L’MORVEUX !!!! » Les prunelles du jeune samouraï se posèrent sur lui, Ichida revenait enfin dans le monde des vivants et fixa avec surprise le samouraï qui lui criait dessus. -« Ryo…san ? » Murmura- t-il. -« Ha ! Enfin ! » Il cessa de le secouer. Ichida le fixait comme s’il le voyait pour la première fois, comme s’il ne comprenait pas. « Je devrais te donner une bonne correction ! » Continua -t-il vivement. « Pour t’apprendre à te morfondre ainsi ! » Le jeune samouraï baissa les yeux. -« Je… L’ai… tuée… » Il leva sa main et la contempla longuement. « De mes propres mains… » Ryo haussa davantage ses sourcils. -« Te lamenter ainsi sur ton sort ne la fera pas revenir ! Par contre en faisant cela tu rends sa mort inutile ! » Ichida releva vivement la tête et écarquilla les yeux. « OUI ! INUTILE ! CAR TU FAIS PLEURER CELLE QUE TU AS SAUVEE EN SACRIFIANT CETTE VIE INNOCENTE ! N’OUBLIE JAMAIS CA !!! » -« Alicia… san ? » Ichida balaya du regard la chambre, cherchant la présence de la jeune fille. -« Oui ! Alicia-san ! » Confirma plus doucement Ryo content surtout de le voir enfin s’inquiéter. « Cette vie que tu as ôtée, a sauvé l’étrangère. Ne rends pas ce sacrifice vain. » Il lâcha enfin le col du jeune samouraï. Ichida posa ses prunelles sombres sur lui. -« Ryo-san…Merci. » Un peu gêné le samouraï mal rasé se leva. -« Inutile de me remercier gamin ! » Puis il tendit une main et sourit. « Maintenant ! Allons manger ! » Pendant un moment Ichida contempla le visage souriant de ce samouraï, puis saisit la main tendue. Ryo l’aida à se mettre sur ses jambes, Ichida grimaça de douleur, sa blessure étant encore vive. Le samouraï s’approcha du placard, l’ouvrit et en sorti un kimono noir propre. Il se tourna ensuite vers le jeune homme et le jaugea un moment du regard. Ichida se maintenait le ventre et ne semblait pas vraiment en pleine forme pour se débrouiller tout seul. Ryo poussa un soupir et s’approcha. -« Bon ! Je vais t’aider à t’habiller ! » Et s’exécuta. Le jeune samouraï étouffa un gémissement de souffrance quand il retira le Yukata blanc, et il en fut de même quand Ryo l’aida à enfiler l’élégant kimono noir. Il l’ajusta et se plaça devant lui pour nouer correctement la ceinture. Une fois fait il recula d’un pas et jugea l’ensemble. « C’est mieux ! » Ichida la main sur sa blessure hocha lentement la tête. « Bon allons-y ! » Ryo fit coulisser le panneau. Le jeune samouraï lui emboîta lentement le pas. L’épreuve la plus difficile fut l’escalier, à chaque marche il éprouvait une vive souffrance. Ichida serra les dents, excepté un visage crispé, il fit en sorte de ne pas laisser s’exprimer sa douleur. Il arriva à la dernière marche et enfin le sol… Intérieurement il poussa un soupir de soulagement, c’est alors qu’il aperçut Alicia. Ryo se retourna vers lui et fit un petit sourire en coin, s’amusant de l’étonnement des deux individus. La jeune fille semblait tellement abasourdie. -« Ichida-san ? » Elle s’avança d’un pas, remise un peu de sa surprise et affichant un visage réjoui. « Je… suis si contente. » Elle sourit. Ryo un peu en retrait suivait la conversation avec un regard amusé. -« Je suis désolé. » Murmura Ichida. « Je vous ai inquiétée. » Les yeux bleus de la jeune fille s’embuèrent de larmes, elle secoua la tête. -« Non ! Ce n’est rien ! Je suis heureuse de vous voir ainsi. » -« Je vais mieux maintenant ! » Il inclina lentement la tête. « Merci pour tout. » Alicia porta la main à sa bouche et réussit à contenir de justesse son émotion. Ryo s’approcha, posa un bras sur l’épaule du jeune samouraï et se tourna vers la jeune fille. -« Je vais vous l’enlever un moment ! J’emmène ce garçon se restaurer un peu. » La jeune fille malgré ses larmes fit un radieux sourire et hocha la tête. -« Merci ! » Bredouilla- t-elle à son intention. Ryo sourit et poussa gentiment Ichida en avant. Ils traversèrent le long couloir menant vers la grande salle. Le jeune samouraï entendit un sourd brouhaha au fur et à mesure qu’il se rapprochait. Ils étaient tous là, discutant d’un ton assez léger tout en déjeunant. Mais quand Ryo et Ichida franchirent le seuil, les voix se turent, les têtes se tournèrent, tous ces regards se braquèrent sur Ichida. Le voir ainsi dans sa tenue de dragon noir, alors que trois jours à peine il était revenu gravement blessé à moitié conscient et entièrement couvert de sang et de boue. -« Alors ? C’est comme ça qu’on accueille un camarade ? » S’exclama Ryo. Kyojiro se leva et s’approcha. -« Bon retour parmi nous Ichida-san ! » Il fit un radieux sourire. Ichida lui renvoya un sourire. Puis aussitôt les langues se délièrent, et plusieurs samouraïs lui souhaitèrent la bienvenue. Et bien évidement le jeune Shinji ne manqua pas de faire part de son enthousiasme. Finalement Ryo mis rapidement un terme afin qu’Ichida puisse prendre place et manger avec eux. Il accompagna le jeune guerrier, Ichida tenta de s’agenouiller, mais porta la main à son ventre et étouffa difficilement un gémissement de souffrance. Ryo et Shinji s’empressèrent de le soutenir et l’aidèrent finalement à s’asseoire plus aisément. -« Hé bien ! Tu es plutôt bien amoché ! » S’exclama un samouraï d’une quarantaine d’années assis en face. -« Et toi tu es bien ivre ! » Répliqua un autre en rigolant. Les dragons noirs éclatèrent de rire. Ichida la main sur sa blessure balaya du regard tous ces visages. Une main se pencha devant lui avec le pichet de saké et en versa dans son verre. Le jeune homme leva les yeux vers Ryo penché au dessus de son épaule. -« Tiens ! Buvons à ton retour ! » S’exclama -t-il en lui présentant son verre. -« Bonne idée ! Buvons à la santé de l’assassin au cerisier ! » Répliqua un autre levant son verre. L’idée fut accueillie avec enthousiasme par l’ensemble des dragons noirs, qui levèrent tous leur verre de saké. Ichida saisit le sien, sourit légèrement, le porta à ses lèvres et but d’une traite. Les dragons noirs firent de même, puis reprirent leur repas et leurs conversations. Ryo s’agenouilla à droite d’Ichida et lui versa un deuxième verre. Le jeune samouraï l’observa un moment. Ryo sentant le poids de son regard tourna la tête et haussa un sourcil perplexe. -« Quelque chose ne va pas ? » Il se servit du saké à son tour. Ichida porta une deuxième fois le petit verre en céramique à sa bouche. -« Dois-je conclure que je ne te suis plus si insupportable ? » Ryo souleva un sourcil moqueur. -« Sûrement pas !» Il but le sien. « Tu restes qu’un petit morveux ! » Puis fit un petit sourire. Ichida le fixa un long moment et doucement un sourire s’afficha sur ses lèvres, un sourire amusé. Alicia quitta le pavillon des samouraïs le cœur bien plus léger. Ichida avait enfin réagi et cela surtout grâce à ce samouraï au regard sévère. Elle se dirigea vers le pavillon des femmes, elle leva le nez au ciel, mit une main devant les yeux pour cacher les rayons éblouissants du soleil. C’était une si belle journée et pleine de promesses. Elle sourit doucement. -«Vous avez l’air bien contente ! » S’exclama soudain une voix doucereuse. La jeune fille sursauta et tourna la tête vers sa droite. Se tenait à quelques pas un jeune homme, un jeune samouraï au kimono pourpre et or. Le jeune homme élégant s’avança, Alicia le laissa approcher un peu surprise. Elle en profita pour détailler un peu l’individu. Il était assez grand, élancé, aux manières plutôt raffinées. Sa peau était bien plus pâle que les samouraïs de la milice. Elle contempla ce visage aux traits fins, son nez bien dessiné, ses lèvres très fines, ses yeux d’un noir profond et ses longues mèches de cheveux aussi noirs que la nuit encerclant son fin visage. Il s’arrêta à sa hauteur et jaugea un moment cette jeune fille. Alicia s’inclina doucement, elle ignorait à qui elle avait affaire mais se devait d’être respectueuse. « Vous êtes l’étrangère, n’est ce pas ? » Questionna- t-il. Elle releva la tête et affronta son regard, elle crut y voir une lueur étrange dans ses prunelles. -« Oui ! » Elle inclina la tête de nouveau. -« C’est bien ce que je pensais ! Vous êtes celle qui accompagnait l’assassin au cerisier. » Il fit un petit sourire. Alicia réprima avec peine un frisson. Ce sourire était si faux, son regard si froid, cet élégant jeune homme semblait plutôt inquiétant. -« Oui ! Je suis Alicia Bret ! » -« Je vois ! » Il tendit la main et effleura les longues mèches blondes de la jeune fille. Alicia fixa avec inquiétude le samouraï. « J’ai oublié de me présenter. » Enchaîna t-il doucement en laissant glisser les mèches blondes entre ses doigts. « Je m’appelle Haru Natsuki ! » Il pencha légèrement la tête et afficha un nouveau sourire. « Je suis le fils unique du seigneur Natsuki. » Les yeux de la jeune fille s’agrandirent de surprise, elle se retrouvait donc face au fils du seigneur, ce jeune homme était donc le prince. Il laissa retomber sa main, laissant les cheveux de la jeune fille en paix. « Comment se porte- t-il ? » -« Je…Bien ! » -« J’ai entendu dire que vous vous occupiez de lui, est-ce vrai ? » Doucement elle hocha la tête. Il la jaugea un long moment et sourit de nouveau. « Je vois… » Son sourire s’agrandit, ses prunelles sombres s’animèrent d’une lueur moqueuse. « Je vous conseille d’être aux petits soins pour lui vous lui devez bien cela. » La jeune fille écarquilla les yeux, que voulait-il dire par là ? « Oui… occupez-vous bien de lui… » Insista- t-il. « Il en aura bien besoin… » -« Haru-san ! » S’exclama une voix du pavillon des femmes. C’était Maori, elle se tenait sur le seuil, elle fixait le jeune prince avec insistance, Alicia crut voir un peu d’inquiétude. Haru se détourna de la jeune fille et sourit. -« Tiens ! Maori-san ! Je voulais justement vous voir ! » S’exclama- t-il et s’avança vers elle. Alicia le suivit du regard, il semblait l’avoir brusquement oubliée. -« Vous me cherchiez donc ? » Maori afficha enfin un sourire et inclina la tête. -« Oui ! J’ai besoin de voir quelques petits détails avec vous pour une affaire urgente. » Il s’arrêta à la hauteur de la jeune femme. Maori jeta un discret regard à Alicia puis fit face au jeune prince affichant un autre sourire. -« Très bien ! Allons dans mon bureau, nous y serons plus à l’aise pour en parler. » _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


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 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 30 Déc à 21:08 | |
| -« Parfait ! » Puis avant d’entrer il tourna la tête vers Alicia. « Ce fut un plaisir de faire votre connaissance. » S’exclama -t-il avec une pointe d’amusement dans sa voix doucereuse. « Un très grand plaisir. » Il insista bien sur le mot plaisir et son sourire prit une expression moqueuse. Il tourna les talons et entra dans le pavillon à la suite de Maori, laissant Alicia fort perplexe sur cette rencontre. Ichida poursuivit sa convalescence, Alicia s’occupa de lui le mieux possible. Il semblait ne plus vouloir se laisser aller, bien que… La jeune fille constata qu’il s’enfermait dans ses pensées plus fréquemment qu’avant. Parfois un voile de tristesse passait sur son visage, mais malgré cela il ne donnait plus de signes inquiétants. La blessure du jeune samouraï n’était pas entièrement guérie mais suffisamment pour lui permettre d’assister et participer un peu aux entraînements matinaux. Cela faisait plus d’une semaine que la dernière mission avait eu lieu, les dragons noirs connaissaient un peu de répit. Exceptés les gradés qui devaient régulièrement participer à de longues réunions en vue d’éventuelles missions stratégiques. Ces assemblées se déroulaient la plupart du temps dans le pavillon royal en présence du seigneur Natsuki et de son jeune et arrogant fils. Un soir Kyojiro rentra assez tard d’une de ces longues réunion, la plu part des samouraïs dormaient déjà sauf quelques-uns dont Ryo. Le capitaine les retrouva dans la grande salle de repos, Ryo était allongé buvant un thé tout en discutant avec Enji. Les deux samouraïs saluèrent leur capitaine d’un signe de tête. Kyojiro s’avança vers eux, décrocha son sabre, s’agenouilla et le posa à ses côtés avec un soupir. -« Tu as l’air épuisé Kyojiro-san ! » S’exclama Ryo. Le capitaine fit un petit sourire triste et hocha la tête. Enji lui présenta une tasse de thé qu’il accepta volontiers. « Alors cette réunion ? » Kyojiro prit le temps de boire un peu avant de répondre. -« Rien de bien neuf pour l’instant. Quelques unités de reconnaissance seront envoyées dans les campagnes environnantes afin de prévenir toute infiltration de clans adverses. » -« Des clans ? » Le capitaine finit le reste de son thé. -« Visiblement certains clans mineurs se seraient formés récemment avec le soutien de beaucoup d’opposants au régime mais aussi quelques porteurs de sabre plus ou moins expérimentés. » -« Les choses sérieuses commencent alors. » Kyojiro posa la tasse devant lui et glissa ses mains dans les manches de son kimono. -« On dirait bien. » -« Ce qui implique bientôt de nouvelles missions. » Répliqua Enji. Le capitaine hocha la tête. Ryo l’observait et fronça un sourcil perplexe, il lui trouvait un air bizarre. -« Il y a autre chose. » Kyojiro tourna son regard vers lui. -« Oui ! Y a autre chose. » Confirma- t-il. « C’est à propos d’Ichida-san. » -« Le gamin ? » Le capitaine jeta un regard pensif vers la fenêtre donnant sur un petit jardin zen. -« Haru-san était à la réunion et il a exigé d’avoir Ichida-san sous ses ordres. » -« Quoi ? » Kyojiro refit face au samouraï. -« Il désire avoir l’assassin au cerisier parmi ses hommes. » Ryo fronça les sourcils, cette nouvelle ne lui disait rien qui vaille. -« Qu’est-ce qu’Haru-san manigance à ton avis ? » Demanda- t-il perplexe. Le capitaine haussa les épaules. -« Je l’ignore ! Mais comme toi cela ne me plaît pas trop. Surtout après ce qui s’est passé… » Ryo et Enji hochèrent la tête, comment oublier ce soir-là… Ichida effondré devant la fillette qu’il avait dû tuer. -« Quand est-ce que tu va lui annoncer cette nouvelle ? » -« Demain. » Finalement le capitaine se leva. « Il est tard, je vais dormir. » Il jeta un long regard pensif vers le jardin. « Cela ne va pas être une nouvelle facile à dire… mais la nuit porte conseil. » Il se tourna vers les deux samouraïs. « Bonne nuit ! » Il s’inclina et quitta la pièce. Ryo contempla à son tour le jardin. -« J’aimerais pas être à sa place. » Murmura -t-il en portant sa tasse à ses lèvres. Enji hocha lentement la tête. L’aube pointait à l’horizon tandis que le village s’éveillait. Ichida torse nu se tenait au milieu de la chambre, il finissait de refaire son bandage, le serrant suffisamment pour protéger la blessure à peine cicatrisée. Ce matin il reprenait l’entraînement intensif et ce bandage avait pour but d’éviter tout accident. Il serait mal venu de prendre à nouveau un mauvais coup. Il vérifia soigneusement que le bandage ne risquait pas de se défaire ou de le gêner dans ses mouvements, puis saisit le kimono noir et l’enfila. Il noua sa ceinture et enfin saisit son sabre qu’il accrocha. Il était prêt, il se tourna vers la fenêtre, fit coulisser le panneau et sortit sur le balcon. Il s’avança jusqu’à la balustrade et y posa la main. Il contempla un moment le village qui commençait à s’agiter. Des odeurs de feu de bois et de nourriture lui parvinrent. -« Bonjour Ichida-san ! » Le jeune samouraï sursauta et se tourna vivement à gauche. Le capitaine Kyojiro se tenait lui aussi sur le long balcon. Il jaugea un moment le jeune samouraï et sourit. « C’est aujourd’hui que vous reprenez les duels d’entraînements. » -« Oui. » Kyojiro se tourna vers le soleil qui pointait doucement derrière la forêt. Il contempla un moment le ciel teinté de rose et de bleu, puis finalement s’en détourna pour faire de nouveau face au jeune homme. Son sourire s’était quelques peu évanoui, son regard devint grave et son visage très sérieux. -« On m’a chargé de vous faire part d’une décision prise à votre sujet lors de la dernière réunion au pavillon royal. » Il avait toute l’attention du jeune samouraï. Le capitaine ne tourna pas autour du pot. « Vous serez désormais sous les ordres d’Haru-san. Il a exigé que vous rejoignez sa milice. » Il observa attentivement la réaction du jeune homme. Le regard d’Ichida s’agrandit de stupeur, puis il fronça les sourcils et une lueur sombre s’anima dans ses prunelles. Il détourna lentement les yeux. Il semblait en proie à divers sentiments, la surprise, la haine ? Kyojiro avait du mal à définir mais il sentait le jeune garçon quelques peut troublé par cette nouvelle. -« Sous les ordres d’Haru-san. » Répéta- t-il doucement. « Je vois… » -« Etant donné qu’il est le prince nous ne pouvons discuter ses exigences. » Continua le capitaine d’une voix sombre et désolée. « Ichida-san ? » Il s’inquiétait un peu. Le jeune samouraï affronta son regard, il avait reprit son masque impassible et un regard clair exempt de sentiments quelconques. « Est-ce que cela ira ? » -« De toute manière, je pense que je n’ai pas trop le choix. » Répliqua- t-il. Il jeta un long regard vers le village. « En acceptant le chantage… Je savais à quoi je m’exposais. » Il marqua une longue pause. « Si je dois être sous les ordres du fils du seigneur…soit. Si je dois encore verser le sang… » Kyojiro crut voir un léger frémissement agiter les traits neutres de son visage. « …Je le ferai… Je tuerai. » Il posa de nouveau son regard sur le capitaine. Kyojiro rencontra son regard puis hocha lentement la tête. -« Je suis désolé. » Murmura- t-il sincère. « Si un jour je peux t’être utile… » -« Ce ne sera pas la peine… » Le jeune samouraï le remercia d’une inclinaison de tête puis tourna les talons, entra dans la chambre, la traversa et sortit sur le palier pour descendre au rez-de-chaussée. Après le petit déjeuner, qu’il mangea du bout des lèvres, il se dirigea vers le dojo avec les autres dragons noirs. Ce matin, l’ambiance au dojo était assez survoltée, Ichida reprenant donc les duels d’entraînement, suscitait beaucoup d’intérêt. Mais quand le jeune samouraï franchit le seuil, ce ne fut pas la foule amassée, ni les regards et chuchotement excités qui l’interpellèrent. Son regard se posa sur un tout autre spectateur, une fine silhouette en kimono pourpre et or, Haru était là au côté du maître. Ichida planté sur le seuil, ne le quitta pas des yeux pendant un long moment. Le jeune prince tourna son visage dans sa direction et leurs regards se croisèrent. Un petit sourire s’afficha sur les lèvres du fils du seigneur, Ichida quant à lui fronça légèrement les sourcils, puis finalement détourna le regard, traversa tranquillement le dojo et vint se placer parmi les autres dragons noirs. L’entraînement pouvait commencer, le maître s’avança et imposa en premier lieu des exercices d’échauffement. Les dragons noirs appliquèrent à la lettre les instructions de leur « sensei ». Haru observa de ses yeux perçants Ichida, ne perdant pas une miette de sa façon de bouger et de manier le katana d’entraînement. Finalement une fois l’échauffement fini, le maître instaura ses petits duels. Les samouraïs s’écartèrent du centre du dojo pour laisser la place libre pour les combattants. Deux par deux ils s’exécutèrent. Puis vint enfin le tour d’Ichida, il passait en dernier, il se leva et s’avança vers le centre du dojo. C’est alors qu’à la surprise de tous et d’Ichida également, Haru s’avança. -« Je vais être ton partenaire dans ce duel ! » S’exclama- t-il avec un étrange sourire. « Mais… seulement nous utiliserons nos vrais katana ! » Son sourire s’élargit. Un murmure s’éleva dans la salle. Kyojiro fronça les sourcils et fit un pas. -« Haru-san ! Un vrai katana mais ce serait pure folie !» Protesta- t-il. Un autre murmure s’éleva, beaucoup pensait comme le capitaine. Le jeune prince n’accorda aucune attention à lui, il fixait toujours intensément le jeune samouraï en face de lui, dans son regard brillait une lueur sanguinaire. Ichida demeura un long moment immobile. Ryo s’interposa aussi contre cette idée. -« Seigneur Haru ! Je pense aussi que ce genre de duel n’a pas sa place dans un entraînement comme celui-ci, surtout qu’Ichida-san n’est pas encore tout à fait remis de ses blessures. » Il jeta un regard désespéré au maître, semblant dire « Mais arrêtez donc cette folie. » -« Ca ira ! » S’exclama soudain la voix d’Ichida. Il déposa son sabre d’entraînement sur le sol et effleura de ses doigts la poignée de son katana à gaine pourpre. « J’accepte ce duel. » Lentement il se mit en position son regard ne quittant pas un instant le visage de son adversaire. Kyojiro et Ryo échangèrent un long regard. Haru semblait au comble de la jubilation, lentement il porta la main à son sabre et avec tout autant de lenteur le dégaina dans un long tintement feutré. -« Entends-tu le chant du sabre ? Jeune pantin ? N’est-ce pas une douce musique ? » Il fit un sourire ironique. « Moi j’aime entendre ce genre de mélodie, elle m’est si douce à mes oreilles. » Il leva la lame brillante devant son visage. « Oui, si douce ! » Et se mit à son tour en position. Ichida dégaina à son tour et se tint prêt. Un duel contre Haru le sanguinaire et en utilisant de vrai katanas. L’assemblée des dragons noirs retint son souffle, ils allaient assister à un combat des plus impressionnants. Haru chargea le premier dans un cri, fonça vers Ichida, sa lame glacée fendant avec rapidité l’air, les deux lames s’entrechoquèrent dans un bruit métallique. Aussitôt Haru pivota et tenta une nouvelle attaque de côté, Ichida glissa habillement et la para avec rapidité. Ils reculèrent d’un même mouvement, le jeune prince fonça de plus belle, mettant toute sa hargne dans ses mouvements. Il était rapide, très rapide et ses mouvements étaient d’une fluidité assez déconcertante. Ichida esquiva une de ses attaques mais il sentit sa lame effleurer sa joue, un liquide coula le long de sa peau. Le jeune samouraï porta sa main à sa joue et regarda ses doigts, il saignait, il lui avait fait une légère entaille sur la peau. Un Hoooooo admiratif s’éleva dans le dojo. Haru sourit. « Mince alors ! Je t’ai égratigné ! Comme c’est dommage ! » Ichida reserra la prise sur son sabre et fronça les sourcils. Cette fois ce fut lui qui attaqua, il fonça sur Haru, la lame de son katana s’éleva rapidement, le regard du jeune samouraï changea, une lueur venait de naître, un regard de tueur. Des sentiments jusqu’ici refoulés remontèrent brusquement en lui. Une rancœur ? Un sentiment de colère ? En tout cas il fonça droit sur lui, oubliant l’entraînement. Il ne voyait que la pluie, le corps d’une fillette ensanglanté et LUI… Haru… Le duel pris alors un autre tournant, il n’avait rien d’un combat d’entraînement, mais bel et bien d’un affrontement entre deux samouraïs déchaînés. Les lames fendaient l’air, s’entrechoquaient avec bruit et force étincelles, les deux samouraïs semblaient lancés dans une lutte acharnée. A plusieurs moments leurs sabres manquèrent de justesse de blesser l’un ou l’autre. Kyojiro commençait à craindre le pire, surtout avec Haru, le regard du jeune prince semblait fou. Pourquoi le maître ne mettait pas un terme à ce duel ? Le katana d’Ichida déchira un morceau d’étoffe du kimono pourpre du jeune prince, Haru avait manqué de peu de se faire embrocher par le sabre de son adversaire. Il abaissa sa lame devant son visage, un rictus mauvais s’affichant sur ses lèvres. « Egalité ! » Siffla -t-il amusé. En effet sous le morceau déchiré on pouvait voir une parcelle de peau blanche du jeune prince et du sang doucement s’écouler. _________________  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


Nombre de messages: 122 Localisation: ici Date d'inscription: 02/10/2005
 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 30 Déc à 21:14 | |
| « Tu es fort, mais… » Il se replaça. « Mais juste assez bon pour massacrer des civils… N’est- ce pas ?» Haru jouait la carte de la provocation. Ryo furieux voulu s’interposer, mais Kyojiro lui barra le chemin avec son bras, son regard ne quittait pas le visage d’Ichida et… -« Regarde… Son regard… » Murmura- t-il à l’attention de Ryo. Ce dernier s’exécuta et observa attentivement le visage du jeune samouraï. Ichida se tenait droit, tenant bien haut son katana, mais… Ryo écarquilla les yeux. Son regard fixait avec froideur Haru. Ce n’était plus les douces prunelles sombres parfois mélancoliques mais bien un regard d’assassin. Le jeune homme leva plus haut son sabre, puis brusquement s’élança, poussa un cri. L’assemblée cessa une fraction de seconde de respirer. Ichida se jeta littéralement sur son adversaire, son katana tournoya, son corps bougea avec rapidité et la lame s’abattit avec force. Haru sous la violence du choc perdit l’emprise de son sabre, qui s’éleva dans les airs et retomba quelques mètres plus loin. Mais Ichida était lancé, il pivota agilement et chargea de nouveau, Haru évita de justesse, il sentit le souffle de la lame au dessus de son épaule, en reculant précipitamment tomba au sol. Le jeune samouraï le regard brillant de haine, pointait sa lame de katana au dessus d’un Haru désarmé. -« ICHIDA-SAN ! » S’exclama vivement Kyojiro. Le jeune samouraï semblait ne pas entendre, il ne voyait que cette fillette morte… Il leva son sabre… Tous ses civils morts… La lame du katana tournoya… ces paysans massacrés inutilement… et… Un bruit métallique s’éleva dans le dojo. La lame d’un sabre d’entraînement venait de parer le katana vengeur. Kyojiro s’était interposé face au jeune samouraï aveuglé par son envie de tuer. « Ichida-san ! » Appela- t-il le visage contracté par l’effort qu’il devait fournir pour retenir la fougue meurtrière du jeune homme. « ICHIDA REPRENDS- TOI ! » Hurla- t-il tandis que ses pieds glissaient sur le plancher. Soudain la lueur assassine quitta le regard du jeune samouraï et ses prunelles s’agrandirent de surprise. Il réalisa brutalement ce qu’il avait tenté de faire et posa un regard stupéfait sur le capitaine. Aussitôt Ichida abaissa sa lame et recula vivement, haletant il fixa tour à tour Kyojiro, Haru derrière désarmé et son sabre qu’il serrait de toutes ses forces entre ses doigts. Il avait bien faillit le tuer, si Kyojiro ne s’était pas interposé, il l’aurait probablement fait. Un silence pesant régna dans le dojo. Le capitaine pu enfin abaisser son sabre, il n’y avait plus de danger. Ichida lentement rengaina son sabre. Le duel venait de se finir, Haru avait perdu face à l’assassin au cerisier. Le jeune samouraï inclina lentement la tête. -« Je vous présente mes excuses. » Prononça- t-il. « Je me suis montré impulsif et j’ai laissé mes émotions l’emporter. » Il demeura ainsi la tête inclinée vers Haru qui lentement se relevait. « Je suis prêt à répondre de mes actes et de subir les conséquences de ma faute. » Le jeune seigneur remis de sa peur, ramassa son sabre et le rengaina, puis se tourna vers le jeune homme. -« As-tu été informé par Kyojiro-san de ta nouvelle affectation. » Ichida releva la tête. -« Oui ! » Pendant un moment les deux samouraïs s’observèrent, puis Haru tourna les talons. -« Parfait ! Tiens -toi prêt pour les prochaines missions. » Et sans un regard il quitta le dojo. Le jeune samouraï le suivit du regard puis essuya avec le dos de la main le sang qui coulait sur sa joue. Shinji s’approcha et lui tendit un linge propre. -« Tenez ! » Ichida le remercia d’un signe de la tête et épongea le sang avec. Il contempla pensivement les traces sanglantes sur le linge blanc. Il avait failli tuer le jeune prince, c’était la première fois qu’il avait perdu ainsi le contrôle de ses sentiments. Il fronça les sourcils et ses doigts serrèrent le chiffon blanc. « Ca ne va pas ? » S’inquiéta Shinji en le voyant si pâle. Le jeune samouraï porta la main à son torse… sa cicatrice lui faisait soudain mal. « Ichida-san ? » Insista le jeune apprenti. Le jeune samouraï se mordit la lèvre. -« Ce n’est rien ! » Soudain il sentit une main se poser sur son épaule, il tourna la tête, c’était Ryo. -« Vaut mieux aller soigner cette égratignure. » S’exclama- t-il d’un ton détaché mais son regard sondait sombrement le visage du jeune homme. Il était le seul au courant qu’Ichida souffrait de nouveau de cette longue cicatrice. C’est en compagnie de Ryo qu’Ichida quitta le dojo, une fois assez loin des oreilles indiscrètes, ce dernier lui jeta un long regard étonné. -« Pourquoi ? » Demanda- t-il glissant sa main sous l’étoffe de son kimono et tout en appliquant sa paume contre la longue balafre douloureuse. Ryo s’arrêta un instant. -« J’aimerais que tu m’explique une chose. » Il se tourna vers lui. « Cette cicatrice… » Ichida détourna un instant les yeux et sembla s’intéresser aux autres samouraïs loin derrière eux qui quittaient le dojo pour se rendre au bain. « C’est un sabre qui l’a faite… Mais comment as-tu pu… » Il ne finit pas sa question. -« Comment j’ai pu survivre? » Ichida leva son regard vers lui. Ryo hocha lentement la tête. Pendant un long moment ils s’observèrent, puis finalement Ichida tourna la tête. -« En réalité… ce jour là… je suis mort. » La réponse surpris Ryo. -« Mort ? » -« Une partie de moi… » Il fit face à l’autre samouraï. « …Est morte ce jour là. » Il s’inclina doucement. « Merci pour tout à l’heure ! » Puis tourna les talons et planta là Ryo. Ce dernier le suivit du regard perplexe. Ichida puisa de l’eau à la fontaine et la versa dans un seau, il y plongea le linge et se lava copieusement la joue. Puis s’occupa de sa longue cicatrice, il écarta le col de son kimono noir, elle saignait de nouveau. Il fronça les sourcils et appliqua le linge mouillé. -« Pourquoi saigne -t-elle à nouveau après tout ce temps ? » Songea- t-il. La même vision lui revint en mémoire, ses prunelles sombres revoyaient clairement cette salle de dojo, cette odeur familière, les sabres posés sur leurs supports et fixés au mur. Le soleil couchant plongeant cette pièce dans une semi- obscurité. Il revoyait la porte qu’il venait de franchir, ce plancher grinçant sous ses pieds d’enfants. Puis ce bruit… celle d’une lame qu’on dégaine, le sinistre son d’une lame retirée de son fourreau. Cette silhouette se découpant dans un coin sombre, l’éclat métallique de la lame qu’il tient dans ses mains.Une main se posa doucement sur son bras, Ichida sorti de ses pensées. Alicia était à côté de lui, sa main posée sur son avant-bras, elle le fixait avec inquiétude. Elle abaissa ses yeux vers le linge qu’il tenait appuyé contre sa cicatrice. -« Votre cicatrice ? » Elle leva un regard d’incompréhension. Elle se souvint alors de la première fois qu’elle l’avait trouvé là avec le linge taché de sang. « Depuis ce soir là ? » Ichida plongea le tissu blanc dans l’eau, rinçant le sang. « Pourquoi êtes-vous allé à cette mission avec ? » Sa main serra d’avantage son bras. « Pourquoi ? » Le jeune samouraï évita son regard, il fixait la surface sombre de l’eau. -« Il le fallait... » Murmura- t-il. -« Mais… » Il se tourna finalement vers elle et contempla un long moment son visage. -« Je ne pouvais me résoudre de… » Il posa sa main sur celle de la jeune fille et l’écarta doucement de son bras. Alicia baissa son regard vers cette main chaude qui tenait étroitement la sienne. C’était la première fois qu’Ichida avait ce geste envers elle. Elle sentit ses joues brûler, son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine, elle ne pouvait quitter du regard cette main… celle d’Ichida, cette main tiède, ce premier contact. « De vous savoir… » Elle leva son regard et plongea dans ses prunelles sombres, ce regard en amande, ses yeux si doux. « En danger par ma faute. » Alicia demeura silencieuse, elle était incapable de prononcer un mot. Il lui fit un léger sourire, la jeune fille demeura subjuguée par son expression. Comment ne pas l’aimer ? Lui ? Cet homme aux yeux de velours, malgré le sang, malgré le sabre, malgré qu’il soit un assassin… cet homme…elle l’aimait de tout son cœur… cet homme qui voulait à tout pris la protéger. Finalement tout doucement, il lâcha sa main et finit ses soins. Il essora le linge, rajusta son kimono et vida l’eau du seau. « S’il vous plaît ! Ne dites à personne pour cette cicatrice. » Il lui jeta un long regard. -« Je…Je vous promets ! » Elle était encore sous le charme du geste qu’il avait eu à son encontre. (A suivre  chapitre 6) _________________  |
|  | | Akhi Nouille


Nombre de messages: 47 Date d'inscription: 19/12/2005
 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 24 Mar à 18:05 | |
| Y vient ce chapitre?  |
|  | | Sushiland Sushi-sama


Nombre de messages: 122 Localisation: ici Date d'inscription: 02/10/2005
 | Sujet: Re: L'assassin au cerisier Ven 24 Mar à 18:49 | |
| Heu désolée mes fanfics m'occupent trop pour l'instant pour la suite de ce texte je reprendrais une fois "Brothers" fini ^^ _________________  |
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